Les Alpes, fatales à deux jeunes Africains

Deux élèves officiers africains de l’école militaire de Saint-Cyr, l’un ressortissant du Niger l’autre du Togo, sont morts de froid dans la nuit de lundi à mardi lors d’un stage en montagne. Cinq autres élèves officiers seraient blessés dont deux dans un état grave.

90 jeunes élèves officiers de l’école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan France) étaient en exercice « d’aguerrissement» dans la vallée de l’Ubaye (Alpes françaises entre 2.500 et 2.800 mètres d’altitude), lorsqu’ils ont été surpris par une tempête de neige. « Les conditions se sont dégradées et l’une des trois sections a bivouaqué en abris de fortune. Lors des contrôles qui ont été faits dans la nuit, il a été constaté le décès de deux stagiaires étrangers, originaires d’Afrique », a indiqué le colonel Michel Luc responsable du service d’information de l’Armée de terre.

Les deux élèves officiers africains sont morts d’hypothermie, c’est-à-dire d’une baisse générale de la température du corps sous le seuil des 35°C. Ils étaient en stage en montagne depuis une semaine. Cinq autres élèves officiers souffriraient aussi d’hypothermie, et deux d’entre eux sont même dans un état grave, selon le Service d’information de l’Armée de terre (SIRPA). Sur ces cinq élèves, il pourrait y avoir d’autres africains.

Ouverture d’une enquête

La victime togolaise serait le fils du chef d’état-major togolais, le général Zaccharie Nandja indique Republique of togo. L’identité de la victime nigérienne n’a pas été dévoilée.

Selon l’Armée de Terre française, « les conditions météo étaient difficiles, mais pas exceptionnellement anormales au départ ». L’alerte a été donnée pendant la nuit, mais ce n’est que ce mardi matin à l’aube que les secours ont pu arriver sur place, trop tard malheureusement, les conditions météorologiques ayant bloqué les hélicoptères. Les opérations d’évacuation des blessés et le rapatriement des corps dans la vallée ont été achevés en fin d’après-midi.

Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour « homicides et blessures involontaires » afin de reconstituer les faits, et d’établir une éventuelle responsabilité dans le commandement. Une enquête du ministère de la Défense serait également ouverte.
Deux morts, tous deux africains, cela n’est pas pour rehausser le prestige de l’Armée française en Afrique.