Le zouk divin d’Erick Didier

C’est bien connu, le zouk est une musique qui chante l’amour. L’artiste ivoirien Erick Didier ne chante pas celui des femmes mais celui de Dieu. Son premier album, Inonde moi, est un prêche original et savoureux qui n’a musicalement rien à envier aux productions zouk classiques.

Du zouk religieux. Le genre pourrait faire sourire tant le zouk est symbole de sensualité. Une musique suave et charnelle dont la danse, couples enlacés, peut s’avérer des plus torrides. Aussi est-on prêt à crier au blasphème pour le premier album d’Erick Didier. C’est, au contraire, une heureuse surprise qui nous attend à l’écoute d’Inonde-moi. Une auto production dont on peut faire les louanges.

Les esprits fermés, ou résolument athées, pourront se laisser dérouter par la teneur des textes et vilipender ce qu’ils ne manqueraient pas de considérer comme un prosélytisme naïf. Mais qu’ils se gardent de lui lancer la première pierre. Car à ceux là il faut leur demander s’ils ont vraiment déjà écouté les paroles des zouks classiques. Paroles souvent suintantes, dégoulinantes d’amour et sensées exalter toute la passion de l’artiste. Mauvais procès. Jugeons plutôt Erick Didier sur la qualité de son sens musical.

Prêche artistique

Certes, tous les textes sont à la gloire du Seigneur et de Jésus mais qu’importe. La flamme artistique est là. La musique d’Erick possède une vraie âme. Une vraie force rythmique, de celles qui vous donnent irrémédiablement envie de danser. Un zouk, léger et aérien, made in Côte d’Ivoire, dont pourraient être jaloux bien des Créoles.

Le temps passe vite à l’écoute d’Inonde-moi. Et pas uniquement parce que l’album n’a que huit titres. A condition de ranger tous ses a priori au placard, l’opus est vraiment une bonne découverte. Erick Didier gagne à être connu et nous vous invitons cordialement à goûter à la saveur de sa musique.

Erick Didier, Inonde-moi, 2002