Le zèbre et le comédien

Tout en couleur et en légèreté, le site du Festival international des théâtres francophones du Limousin accueille l’internaute de son zèbre à quatre têtes. Attention, derrière cette présentation rigolote se cache un projet artistique de grande envergure. Du rire aux larmes, de la poésie à la tragédie, et l’Afrique à l’honneur.

Mignonne, la page d’accueil du site du Festival international francophone du Limousin. Et ornée d’un logo rigolo : un petit zèbre qui braque ses quatre têtes vers l’internaute. Sur le fond jaune se détachent deçà delà, dans un joli violet, les rubriques du Programme, de l’Historique ou encore des Infos afférentes à ce rendez-vous annuel. D’un clic, en route pour l’Historique, retour à la case départ, à la naissance de ce projet ouvert sur un art aux multiples visages.

1984. Sous l’impulsion de Pierre Debauche, tout nouveau directeur du centre d’art dramatique du Limousin, naît ce festival atypique dont la vocation sera de faire découvrir les artistes de la francophonie. A ce jour, des centaines de spectacles ont été accueillis sur la scène limousine. Des auteurs ou des metteurs en scène tels que Sony Labou Tansi (Congo RDC), Werewere Liking (Côte d’Ivoire) ou encore Koulsy Lamko (Tchad) ont ainsi pu diffuser leurs oeuvres pour la première fois en France.

Aujourd’hui, la tragédie

Et aujourd’hui ? Comme le zèbre quadricéphale, le festival part dans toutes les directions. En marge des représentations, des rencontres professionnelles entre artistes francophones, des ateliers d’écriture, des ateliers pour les jeunes se mettent en place. Très dense, l’actualité du festival s’étale en petites masses de texte compact tout au long du site. Un rapide survol donne l’ampleur de l’événement. Des dizaines de pièces, des publications, de la formation…

Et de zèbre en zèbre, on en arrive au clou du spectacle de cette année. Plus de rire, le fond jaune se charge d’une violence nouvelle et le quadrupède tourne huit yeux graves vers le visiteur. Rwanda 94, une pièce de Jacques Delcuvellerie et Marie-France Collard – membres de la compagnie belge le Groupov. Cette oeuvre difficile, tragique, est une composition qui compte avec la participation de Yolande Mukagasana, auteur rwandaise qui s’est déjà illustrée avec La Mort ne veut pas de moi ( paru aux éditions Fixot) et qui jouera elle-même son texte dans le spectacle. Le festival a lieu du 24 septembre au 6 octobre prochains, et un petit tour sur son site vous réserve déjà des surprises.