Le très pratique Tri’ Pick-Up

Le groupe CFAO a présenté, mardi, en banlieue parisienne, un nouveau véhicule exclusivement destiné au continent africain : le Tri’ Pick-Up. Entre le cyclomoteur attelé et l’utilitaire auto, le trois-roues est censé combler un manque pour les professionnels des villes et des campagnes africaines.

Le groupe CFAO a officiellement présenté son Tri’ Pick-Up à la presse, mardi, en banlieue parisienne. Le trois-roues, doté d’un guidon de cyclomoteur mais de roues d’automobile, a été lancé par le géant de la distribution française en Afrique et dans les Dom-Tom pour palier à un manque. Surnommé  » le chaînon manquant « , le Tri’ Pick-Up veut occuper un créneau qui se situe entre le  » pousse-pousse  » motorisé et l’utilitaire automobile. Les premiers modèles, fabriqués à Ouagadougou, commenceront à être distribués à la fin du mois de mai au Burkina Faso. Suivront rapidement les autres pays d’Afrique de l’Ouest.

 » Le Tri’ Pick-Up n’est pas un pick-up « 

 » Notre volonté, à l’origine de ce projet, était de créer un utilitaire sur le continent africain au prix le moins cher possible. Deux possibilités s’offrent en général aux professionnels africains. Atteler une remorque à un cyclomoteur, ce qui ne tient jamais longtemps, ou acquérir un vrai pick-up. Ce que peu de personnes peuvent se permettre. C’est pourquoi nous avons imaginé le Tri’ Pick-Up qui, sans être un vrai pick-up, se veut une alternative à ces deux solutions « , explique Christian Droneau, adjoint au directeur des Industries CFAO. Avant d’ajouter que  » le prix dépendra de chaque pays. Mais le prix maximum de base sera de 3 millions de F CFA (4 500 euros) au Burkina et sans doute dans le reste de la zone Uemoa (Union monétaire ouest-africaine, ndlr) « .

A chaque profession son Tri’ Pick-Up

La compagnie française a créé un véhicule  » utile « . Pas moins de sept modules peuvent venir transformer le trois-roues de base en fourgon, taxi, magasin ambulant, décortiqueuse ou encore bétonneuse. CFAO a même pensé à créer un module Tri’ Frigo, qui permet de conserver n’importe quelle denrée au frais. Le prix des sept véhicules proposés ne sera pas le même.  » Il est vrai que le plus cher des modules, le caisson isotherme, doublera pratiquement le prix du Tri’ Pick-Up, à 5,5 millions de F CFA, avoue Christian Droneau. Pour les autres modules, le prix variera entre un sixième et un quart du prix du véhicule de base.  »

L’autre atout du transporteur tient dans la source d’énergie que son moteur représente. N’importe quelle machine nécessitant une puissance de 11 CV maximum peut venir s’y alimenter. Un avantage indéniable pour les professionnels, qui pourront éviter les délestages intempestifs et se passer des rallonges électriques. Pourvu que l’essence ne vienne pas à manquer. Seul inconvénient, la charge maximale du trois-roues est de 400 Kg. Une capacité qui paraît respectable, mais qui l’est moins si l’on considère la tendance des professionnels du transport à surcharger leurs véhicules.  » CFAO prévoit de faire un important travail pédagogique sur cette question « , assure Christian Droneau. L’image du groupe, qui réalise seul ce véhicule, est en jeu.

Un Tri’Pick-Up par jour

CFAO s’appuie en Afrique sur une longue expérience en matière de véhicules de transports. La compagnie française distribue plus de 16 marques dans 21 pays africains. Depuis ses quatre usines burkinabè, malienne, marocaine et ivoirienne, elle assemble et distribue plus de 33 000 cyclomoteurs et 3 000 motos (importées) par an. C’est précisément dans ces dernières entités industrielles (mise à part celle du Maroc) que le Tri’ Pick-Up sera monté.

 » L’équipe actuellement à l’oeuvre au Burkina se compose de six ouvriers, capables d’assembler un Tri’ Pick-Up en un jour dans un atelier qui s’étend sur 100 m2. Ces moyens sont volontairement réduits, explique Raymond Lehideux-Vernimmen, directeur de la communication de CFAO, car nous avons une stratégie pragmatique sur ce projet. Nous produirons ce que les professionnels africains voudrons bien nous acheter. Si la demande est importante, nous n’aurons aucun mal à augmenter la surface de notre atelier.  » Après le lancement du Tri’ Pick-Up au Burkina, à la fin du mois de mai, CFAO compte rapidement construire le véhicule dans ses ateliers de Bamako, en juin, puis à Abidjan.

*Compagnie française de l’Afrique occidentale

Le Tri pick-up en photos.

De face.

De profil.

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