Le trafic de cocaïne en forte croissance en Afrique de l’Ouest

Le responsable de l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), chargé de la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé, Emmanuel Leclaire, a affirmé jeudi à Marrakech (334 kilomètres de Rabat) qu’en deux ans, l’Afrique de l’Ouest est devenue, désormais avec les Caraïbes, la principale voie d’acheminement de la cocaïne vers l’Europe.

L’organisation internationale de police criminelle clôture ce jeudi dans la ville de Marrakech, son 76ème Assemblée générale de quatre jours, rappelle-t-on.

« Actuellement, il y a deux grandes routes: celle des Caraïbes et celle de l’Afrique de l’Ouest », a déclaré M. Leclaire, dans une déclaration à la presse, indiquant qu’auparavant la drogue venant des pays producteurs passait uniquement par les Caraïbes avant d’être distribuée aux Etats-Unis ou en Europe.

Les trafiquants, a-t-il expliqué, choisissent l’Afrique de l’Ouest en raison du contrôle renforcé sur l’axe caribéen et les « avantages » offerts par le continent, entre autres, « des frontières peu contrôlées, la pauvreté, le recrutement facile de passeurs et la corruption ».

Selon le responsable à INTERPOL, les principaux points de départ de la cocaïne sont le Venezuela et le Brésil, tandis que les pays d’arrivée sont la Guinée-Conakry, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal.

Sur les 5,7 tonnes de cocaïne saisies de janvier à septembre 2007 en Afrique, 99% ont été réalisés en Afrique de l’Ouest, précisément au Sénégal, en Mauritanie, en Guinée-Bissau, au Cap-Vert et en Guinée, selon l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC).

A noter que le nombre de consommateurs de cocaïne dans le monde est estimé par la même agence onusienne à 14 millions en 2006, soit un million de personnes de plus qu’en 2005.