Le Soudan du Sud ne compte pas expulser les travailleurs étrangers

Bien qu’il ait interdit aux entreprises et ONG d’employer des étrangers au profit des citoyens sud-soudanais, le gouvernement a assuré qu’il n’expulsera personne en revanche.

Le gouvernement est-il en train de revenir sur la circulaire publiée mardi interdisant aux entreprises privés et ONG d’employer des salariés autres que des Sud-Soudanais ? Selon le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères, Barnaba Marial Benjamin, « le gouvernement du Soudan du Sud n’expulsera aucun salarié étranger du Soudan du Sud ». Il souligne toutefois qu’il « existe des lois sur le travail qui réservent certains emplois aux citoyens et d’autres à des non-citoyens » dans de nombreux pays, tentant de se justifier après la levée de boucliers contre la mesure interdisant aux entreprises et ONG d’employer des étrangers dans le pays.

Visiblement, le gouvernement tente de rectifier le tir. Plus tôt dans la journée, l’ambassadeur kényan en poste à Juba, Cleland Leshore,
a affirmé à la presse kényane que le gouvernement sud-soudanais a indiqué qu’il allait revenir sur l’interdiction tout juste faite aux entreprises et ONG d’employer des étrangers sur son sol. L’ambassadeur Cleland Leshore a indiqué au quotidien Daily Nation avoir rencontré le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères, Barnaba Marial Benjamin, qui lui a assuré que la directive, qui a déclenché mardi un vent de protestations, allait être « annulée ». Selon l’ambassadeur, le Soudan du Sud n’avait « pas vraiment l’intention de chasser les étrangers travaillant » sur son sol. « Ce qu’ils veulent faire c’est demander aux entreprises de donner la priorité » aux Sud-Soudanais, a-t-il ajouté. « Ils ont dit qu’ils allaient rectifier ça mercredi ».

Tout a commencé mardi lorsque le gouvernement a publié une circulaire dans la presse locale sommant entreprises et ONG de remplacer, sous un mois, tous leurs employés étrangers à des postes de responsabilité ou non par des Sud-Soudanais. Mais cette décision met à mal des dizaines de milliers de travailleurs qualifiés venant d’Ethiopie, d’Ouganda, d’Erythrée, du Kenya ou du Soudan. Ces employés font aussi tourner les secteurs des télécommunications, des banques, de l’extraction pétrolière ou encore de l’hôtellerie.

A noter que le Soudan du Sud même souffre d’une grave pénurie de main-d’œuvre qualifiée, car seul un quart à peine de sa population sait lire et écrire.