Le sommet euro-méditerranéen dans le bourbier du Moyen-Orient

Un intense ballet diplomatique a lieu pour éviter que la conférence ne soit totalement absorbée par les violences au Proche-Orient.

Le partenariat euro-méditerranéen est pris au piège de l’échec du processus de paix au Moyen-Orient. Le ministre français des Affaires étrangères et son équipe redoutent que les vastes enjeux des débats entre européens et partenaires du sud de la Méditerranée soient occultés par les combats qui font rage entre Israéliens et Palestiniens. Crainte justifiée.

La Syrie et le Liban ne se sont pas présentés à Marseille où se déroule le sommet. La Libye, après avoir appelé tous les pays au boycott la semaine dernière, a finalement rejoint la délégation hier dans l’après-midi. Tout au long de la semaine dernière des contacts intensifs se sont multipliés entre les diplomates européens et leurs homologues arabes qui brandissaient l’arme du boycott si la question palestinienne ne faisait pas l’objet d’une session spécifique dans le programme des journées de Marseille. Le week-end dernier, tous les syndicats arabes ont claqué la porte du forum syndical euro-méditerranéen pour protester contre le blocage du représentant palestinien par les autorités israéliennes, suite à l’attentat de l’aéroport de Gaza.

Pacte de paix et de stabilité

La présidence française de l’Union européenne (UE) a réussi à sauver la conférence en faisant valoir que  » le processus initié à Barcelone ne doit pas être otage de la paix en panne au Proche-Orient « , explique une source diplomatique française. Une position difficile à faire accepter alors que ce sont les Européens eux-mêmes qui, à Barcelone, ont lié le bon fonctionnement du partenariat euro-méditerranéen à  » un pacte de paix et de stabilité « . Celui-ci a été reporté sine die hier soir.

N’empêche, les Européens ont modifié leur programme et accepté que la situation de guerre qui prévaut au Moyen-Orient fasse l’objet de discussions dans le cadre des réunions et autres séminaires qui réuniront les ministres des Affaires étrangères des 27 pays présents aujourd’hui. Nombre d’observateurs voient dans ces changements de planning une concession de l’UE, sous la pression des pays arabes, pour sauver le sommet d’un cuisant fiasco.

Seule la Syrie (et donc le Liban) qui conditionne sa présence à une séance de discussion formellement dédiée au processus de paix en Palestine, n’a pas voulu céder. Des tractations seraient toujours en cours pour ramener Damas à la raison, sans effets pour l’instant.