Le Sommet de la Terre manque d’horizon

Le Sommet de la Terre s’ouvre ce lundi, à Johannesburg. Cette manifestation – la plus importante jamais organisée par les Nations-Unies – peine à faire naître l’enthousiasme. L’absence de George Bush et la mauvaise volonté des Etats-Unis à s’impliquer dans cet événement étouffent les espoirs de changement.

Avec 104 chefs d’Etats, 4 100 officiels gouvernementaux et 40 000 représentants d’Ong, le sommet de Johannesburg est l’événement le plus important jamais organisé par l’Onu. Pourtant, cette réunion mondiale autour du développement durable a du mal à faire naître l’espoir. Le discours d’ouverture plein de détermination du président sud-africain Thabo Mbeki, ce lundi 26 août, n’occulte pas les réticences du plus puissant des acteurs du Sommet de la Terre.

L’absence du président des Etats-Unis- le pays le plus riche et mais également le plus important pollueur – entame le crédit de la manifestation. Son représentant sur place, le secrétaire d’Etat Colin Powell, a reçu pour consigne de faire barrage à tout ce qui pourrait engager son pays sur la voie de la protection de l’environnement. Cette prise de position radicale s’applique aussi bien à l’application du principe de précaution concernant les organismes génétiquement modifiés, à l’adoption d’objectifs sur la réduction de la consommation d’énergie, à la dépollution de l’eau, ou encore à l’augmentation de l’aide au développement.

Déclarations d’intention

Ce blocage systématique devrait compliquer la conclusion de la  » Déclaration de Johannesburg « . La signature du document – simple déclaration d’intention des représentants des pays participants – est censée clore le Sommet, le 4 septembre prochain. Accompagnée d’un plan d’application de l’Agenda 21, le calendrier mis en place au précédent sommet de Rio, en 1992, elle symbolisera la détermination des Etats à lutter contre la pauvreté tout en préservant les ressources de la planète.

Si beaucoup reste à faire et si l’Onu peine à mettre en oeuvre une véritable politique de développement durable, Nitin Desai, représentant des Nations-Unies à Johannesburg, a cependant salué l’atmosphère  » positive et constructive  » des négociations ouvertes depuis deux jours. L’optimisme reste de rigueur : la protection de l’environnement ne peut que s’améliorer.