Le Sierra Leone déclare la paix

Vendredi, une cérémonie symbolique a marqué la fin de 10 ans d’une des guerres civiles les plus sanglantes d’Afrique. Celle du Sierra Leone. Suite à l’achèvement du processus de désarmement, la vie sociale et politique du pays reste à reconstruire.

 » Nous sommes d’humeur joyeuse et morose à la fois. Il est incroyable que la guerre soit finie.  » Francis Kai-Kai, secrétaire exécutif du Comité national pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion au Sierra Leone, résumait bien la situation, vendredi, lors de la cérémonie symbolique et cathartique censée être le point final d’une guerre sanglante de dix ans. Pour symboliser la fin du conflit, 3 000 armes et des centaines de pièces de munitions ont été brûlées à Lungi (nord de la capitale) avant que le président sierra-léonais, Ahmed Tejan Kabbah, ne proclame solennellement la paix dans son pays. Un pays exsangue qui retrouve avec méfiance et incrédulité le chemin de la paix sociale.

Depuis mai 2001, près de 50 000 miliciens gouvernementaux et rebelles ont rendu leurs armes aux autorités dans le cadre du plan de paix de l’Onu. Malgré cela, le retour à la normale est encore loin. Car si les fusils se sont tus, reste à organiser les élections présidentielle et législatives prévues le 14 mai prochain et à juger les principaux responsables des atrocités perpétrées contre les populations civiles. La création, annoncée mercredi, d’un tribunal spécial va dans ce sens mais risque de fragiliser le processus de paix.

Ruf, parti politique

En effet, les rebelles du Front révolutionnaire uni (Ruf) sont de toute évidence les premiers visés par ce tribunal et plus particulièrement leur leader, Foday Sankoh, détenu depuis 2000 pour crimes de guerre. Or, le Ruf, à qui a été reconnu le droit de participer aux prochaines élections en tant que parti politique, souhaite présenter Foday Sankoh comme candidat à l’élection présidentielle.

Près de 50 000 personnes ont été tuées au cours du conflit sierra-léonais, provoqué en 1991 par le Ruf et alimenté par le trafic du diamant. Plusieurs milliers de Sierra-Léonais ont été mutilés, violés ou victimes de pillages et plusieurs centaines de milliers de personnes ont été déplacées. C’est l’une des guerres civiles les plus sanglantes qu’ait connu l’Afrique.