Le sida, ennemi de la croissance africaine

Un rapport du FMI tire la sonnette d’alarme afin d’encourager les aides extérieures et financer les  » coûts  » du sida.

Le sida ronge les économies africaines. Un seul chiffre le prouve : 5 %. C’est la perte de la croissance des pays d’Afrique les plus gravement concernés, selon les estimations du FMI (Fonds monétaire international) dans son rapport bi-annuel sur l’économie mondiale, publié mardi dernier. Dans ces pays, le PIB (Produit intérieur brut) par habitant serait inférieur également de 5% à ce qu’il aurait été sans le virus.

Selon les études du FMI, il ressort que les régions d’Afrique australe sont en tête des économies en péril et qu’elles ne pourront s’en sortir sans l’apport de financements internationaux. Le Fonds, à titre d’exemple, fait une démonstration cruelle : 10% des malades atteints du virus, recevant une thérapie estimée à 5000 dollars, coûteraient au Mozambique 14,5 % de son PIB.

Tous les corps de métiers sont atteints

Si les traitements coûtent chers, l’épidémie déstabilise autrement l’organisation économique et sociale des pays africains. Dans certains zones, les populations actives et urbaines sont touchées de plein fouet, et ce dans tous les corps de métier, depuis l’enseignement jusque dans l’armée. Selon les experts, le sida a déjà tué 15 millions d’Africains et 25 millions sont aujourd’hui atteints du virus sur les 35 millions de malades dans le monde.

A cet égard, les conclusions du FMI dans son rapport sont claires : plus de campagnes d’informations avec l’appui des gouvernements, plus de programmes d’éducation pour les jeunes, des traitements ciblés sur les femmes enceintes et les travailleurs migrants.

Par ailleurs, la Banque mondiale vient de lancer un programme multilatéral avec l’Afrique pour lutter contre le sida. Un premier prêt de 500 millions de dollars, à des conditions avantageuses a été approuvé. Les premiers bénéficiaires sont le Kenya (50 M) et l’Ethiopie (59,7 M). La Banque mondiale estime à 3 milliards de dollars par an les besoins de financements de l’Afrique dans sa lutte contre le sida.