Le Siao, c’est pour bientôt

Du 29 octobre au 7 novembre prochains, le Salon international de l’Artisanat de Ouagadougou fêtera sa neuvième édition. Parmi les innovations de cette année : un Pavillon de la Créativité et un Pavillon du Design. Les grandes lignes de la manifestation, avec son directeur, Jean-Claude Bouda.

Jean-Claude Bouda, le directeur du Salon international de l’Artisanat de Ouagadougou (Siao), était à Paris, mercredi, pour une conférence de presse organisée à l’ambassade du Burkina Faso. Il a présenté les grandes orientations de la prochaine édition de la manifestation, qui aura lieu du 29 octobre au 7 novembre prochains.

Afrik : Quels sont les objectifs de ce 9ème Siao ?

Jean-Claude Bouda :
D’abord, renforcer la vocation panafricaine du salon. Le Siao ne doit plus être perçu comme un salon ouest-africain et francophone, mais comme une manifestation de référence pour l’artisanat de l’ensemble du continent. Ensuite, renforcer l’efficacité commerciale du salon. Nous avons des artisans créatifs et talentueux qui doivent se positionner au niveau international en améliorant la qualité de leurs produits et en diversifiant leur offre. De notre côté, nous devons tout faire pour que les acheteurs étrangers nouent des relations d’affaires durables avec nos artisans. D’où l’importance d’un cadre agréable pour les exposants, de facilités de communication, avec un business center, et d’outils pour que le visiteur s’oriente facilement. Comme un catalogue et un plan du salon.

Afrik : Y-aura-t-il des innovations sur ce salon ?

Jean-Claude Bouda :
Oui, comme chaque année. L’édition 2004 accueillera un Pavillon de la Créativité (le projet est soutenu par l’Unesco) et un Pavillon du Design, grâce à l’appui de l’Association française d’action culturelle (Afaa) et de la Biennale du design de Saint-Etienne, en France.

Afrik : Le thème retenu cette année est « Investir dans l’artisanat africain »…

Jean-Claude Bouda :
Oui, nous souhaitons enrichir la réflexion sur la problématique du financement de l’artisanat africain. Les artisans doivent évoluer, passer de la micro-entreprise à la petite ou moyenne entreprise, augmenter leur productivité. Mais il se pose le problème du financement : les artisans n’ont pas accès aux crédits car les banques ne prêtent qu’aux riches, il faut donc trouver un système de financement adapté au secteur de l’artisanat. Nous allons organiser un séminaire sur la question. Pour nous, l’artisanat doit contribuer à la lutte de la réduction de la pauvreté, doit générer des emplois et utiliser les ressources locales.

Afrik : Savez-vous combien le Burkina compte d’artisans ?

Jean-Claude Bouda :
Je me méfie des statistiques ! Nous devons mettre en place un système d’information pour recenser les artisans par corps de métier, âge, sexe, zone géographique, et ce, au niveau de tous les pays africains. Ce qui est une tâche ardue… Nous nous attelons à faire des recensements afin de formuler une politique cohérente du secteur et nous souhaitons développer une base de données.

Afrik : Le Siao a-t-il développé des stratégies pour attirer les acheteurs étrangers ?

Jean-Claude Bouda :
La dernière édition a attiré 250 acheteurs et visiteurs professionnels. Le nombre est en constante augmentation car le Siao permet, en 10 jours, de balayer toute l’offre africaine, réunie à un seul endroit. Un endroit unique et exceptionnel pour prospecter et acheter. Il faut développer le créneau de l’exportation. Ce sont les commandes qui sont les plus importantes, plus que les ventes directes lors du salon, car elles permettent aux artisans de travailler toute l’année. C’est pour cela que nous avons réfléchi à la mise en place d’un système d’assistance et de facilités pour les acheteurs, pour qu’ils ne perdent pas de temps. Ce qui passe par l’édition d’un catalogue, d’un programme et d’un plan, qui n’existaient pas jusqu’à maintenant. Le Burkina a peu de moyens mais il se doit d’avoir une organisation performante !

Afrik : A ce propos, quel est le budget du Siao ?

Jean-Claude Bouda :
Assez modeste : à peu près 500 millions de FCFA, soit 850 000 euros. Nous avons développé des initiatives pour rationnaliser nos dépenses et optimiser nos recettes et nous arrivons à chaque édition à équilibrer les deux. C’est le seul gage de pérennité pour notre salon. Le Burkinabé est humble par nature et nous montons des projets à la hauteur de nos moyens pour éviter les dérapages !

Afrik : Cette édition s’annonce bien ?

Jean-Claude Bouda :
Nous avons reçu de nombreuses confirmations de participation. La manifestation s’annonce sous de bons auspices. Elle est bien partie pour être un succès, à l’instar des précédentes, et sera une vitrine pour l’artisanat du continent tout entier.