Le rap béninois a un nom

Plusieurs groupes de rap, depuis le début des années 90, sont nés sur la scène musicale béninoise et se sont peu à peu appropriés cette musique en l’enrichissant de leur culture africaine. L’Archange et Grizzly, membres du groupe Ardiess, nous parlent de leur Posse, l’un des principaux ambassadeurs du rap au Bénin.

L’Archange, Dave II , Fuzajay, Grizzly, Magic, Melody, Melcky, Logozo et Surah sont les sémillants membres du groupe de rap béninois Ardiess. Un groupe qui met son expérience au profit des jeunes amateurs de hip hop au Bénin à travers un festival qu’il a initié l’année dernière (« Hip Hop Kanpke »). Le prochain opus du groupe, le troisième en titre, sera bientôt sur le marché. Rencontre.

Afrik.com : Comment définirez vous votre style musical ?

Ardiess : C’est un rap africain tourné vers l’universalité. Ce n’est pas un rap « béninois ethnique ». C’est tout simplement du rap africain que l’on veut injecter dans l’universel.

Afrik.com : Ardiess, à l’instar de tous les groupes de rap, est certainement un groupe engagé ?

Ardiess : Ardiess, c’est la vie ! Nous abordons tous les thèmes qui y sont relatifs. Nous évoquons notamment la politique béninoise et africaine. Musicalement, notre palette de sons va des plus « soft » (doux, ndlr) aux plus sombres.

Afrik.com : Comment est né Ardiess ?

Ardiess : Le groupe a été crée en décembre 1996. A nos débuts, il n’y avait pratiquement pas de groupes de rap au Bénin. Nous étions plusieurs groupes et puis nous avons eu l’occasion de faire un concert ensemble lors de la phase finale d’un concours de rap. Les meilleurs du casting ont ainsi eu l’opportunité de se faire produire deux titres. A la fin de cette aventure musicale, nous avons constaté que nous nous entendions bien. Alors on s’est dit pourquoi se séparer ? Au début nous étions un vingtaine, un posse. Mais au fur et à mesure, le groupe s’est disloqué et nous sommes actuellement 9 : 5 au Bénin, 3 en France et 1 en Guinée.

Afrik.com : Outre votre activité musicale, vous êtes très actifs dans la promotion du hip hop au Bénin. Qu’en est-il ?

Ardiess : On a lancé cette année un championnat de hip hop et l’année dernière un festival dénommé « Hip Hop Kanpke » (HKH1). 32 groupes y ont pris part. Le championnat dure toute l’année et les groupes doivent composer tous les 15 jours de nouveaux textes en fon, français et anglais. Ils sont également jugés sur leur prestation scénique. Le groupe qui remporte le championnat a l’opportunité de produire un single et de tourner un clip. Nous l’aiderons aussi à assurer sa promotion par le biais de notre association. Les quatre meilleurs participeront à la deuxième édition du festival prévu pour février 2004.

Afrik: Quels sont vos projets?

Ardiess : Notre projet le plus immédiat est de terminer notre prochain album qui comprendra 19 titres. Les textes sont prêts, il ne nous reste qu’à poser les sons.

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