Le Président zambien meurt au pouvoir, à qui le tour ?

Il savait sans doute que ses jours étaient comptés, mais Michael Sata, le Président zambien, a préféré mourir au pouvoir comme Gnassingbé Eyadéma du Togo ou autre Omar Bongo du Gabon. Reste à savoir lequel des ces supposés Président africains à vie va encore mourir au pouvoir.

L’Afrique est sans conteste malade de ses dirigeants qui aiment le pouvoir. Disons pour la plupart. Et ces chefs d’Etats préfèrent être enterré avec… leur pouvoir. Ils sont en effet nombreux à s’accrocher au pouvoir jusqu’à leur dernier souffle. Et les exemples foisonnent. Afrik.com fait un petit point.

Eyadéma meurt dans l’avion présidentiel

Son nom, Etienne Eyadéma Gnassingbé, plus connu sous l’appellation de Gnassingbé Eyadéma était un militaire et homme politique togolais. Né le 26 décembre 1935 à Pya, au Togo, il est arrivé au pouvoir en 1967. Le dirigeant a occupé, durant 38 ans, le poste de président de la République togolaise. Eyadéma est décédé le 5 février 2005 à bord de l’avion présidentiel qui l’évacuait pour des soins vers la France. Il faut souligner qu’en 1999, avec le décès du roi Hassan II du Maroc, Eyadéma était devenu le doyen des chefs d’Etat en Afrique. A sa mort, il a été succédé par son fils Faure Gnassingbé.

Omar Bongo cède son fauteuil à son fils Ali

Un autre Président africain mort au pouvoir, Omar Bongo, de son vrai nom El Hadj Omar Bongo Ondimba. Né Albert-Bernard Bongo, le 30 décembre 1935 dans la province du Haut-Ogooué, à Lewaï, il est le deuxième président de la République gabonaise. Il accède à la présidence de la République gabonaise le 28 novembre 1967, à la mort de Léon Mba. Depuis lors, il a exercé ses fonctions de Président jusqu’à sa mort, le 8 juin 2009 à Barcelone. Le fondateur du Parti démocratique gabonais (1968), socle du monopartisme qui a duré jusqu’en 1990, a été remplacé par son fils, Ali Bongo Odimba.

Les Kabila accaparent le pouvoir

Autre pays, autre cas de dirigeants qui s’accrochent au pouvoir. Cette fois, c’est en République « démocratique » du Congo. Il était une fois, un Président nommé Laurent-Désiré Kabila, né à Jadotville, actuelle Likasi, le 27 novembre 1939, il est un homme politique congolais engagé à partir des années 1960 contre le régime de Mobutu. En 1997, lors de la première Guerre du Congo, Kabila parvint finalement à renverser Mobutu. Il aura le mérite de redonner au pays rebaptisé Zaïre par Mobutu, le nom de République démocratique du Congo. Il va diriger le pays d’une main de fer, de mai 1997 jusqu’à son assassinat. À sa mort à Kinshasa le 16 janvier 2001, son fils, Joseph Kabila, lui succède quelques heures plus tard. Après treize années passées au pouvoir, Joseph Kabila veut lui aussi forcer le barrage érigé par la Constitution de son pays, et arracher un autre mandat présidentiel contre la volonté de son peuple et de la communauté internationale.

Michael Sata s’en va, qui va suivre ?

Le dernier cas en date d’un dirigeant africain accroché au pouvoir jusqu’à la mort est la disparition tragique du Président zambien, Michael Sata, dont le décès a été annoncé ce mercredi. Il est lui décédé à Londres où il tentait de se faire soigner en vue de rester davantage au pouvoir. Sata arrivé au pouvoir il y a à peine 3 ans, s’en va, laissant un pseudo-désordre dans son pays. Désordre qu’il aurait pu éviter en quittant le pouvoir lorsqu’il savait que ses jours étaient comptés. Non, il avait l’espoir. L’espoir, tout comme le Président algérien Abdelaziz Bouteflika qui, malgré deux séjours en France, où il a été sauvé suite à un accident vasculaire cérébral qui le paralyse à ce jour, garde le pouvoir.

Le Zimbabwéen Robert Mugabe est lui aussi optimiste de pouvoir continuer à diriger, à vie, malgré ses 90 ans pour 27 années passées au pouvoir, et ses valses à Singapour où il se fait soigner. Le même record de longévité au pouvoir que Blaise Compaoré qui, bien que plus jeune (63 ans), s’accroche aussi au pouvoir.