Le président du Ghana préféré à celui du Soudan à la tête de l’UA

Le 8ème sommet de l’Union Africaine s’est ouvert, lundi, à Addis Abeba, en Ethiopie. Le président du Ghana, John Kufuor, a été nommé « par consensus » à la présidence de l’organisation, suite à un débat tendu provoqué par la candidature du président soudanais. Une candidature contestée à cause des atrocités commises au Darfour.

Addis Abeba, reçoit, ce lundi, le huitième sommet de l’Union Africaine. Plus d’une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernements africains, sur un total de 53 pays, participent à cette réunion bimensuelle. Cette session 2007 a été ouverte sur un débat épineux concernant la candidature contestée du Soudan à la présidence de l’organisation africaine. En effet, la présentation de M. el-Bachir, à la tête de l’UA, a été rejetée à causes des atrocités perpétrées au Darfour.

Ce point difficile du 8ème sommet de l’Union Africaine a été clôt par la nomination du Président ghanéen, John Kufuor, à la succession de Sassou Nguesso, le président congolais. Selon M. Omar Konaré, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA ont voulu célébrer, à leur manière, le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Ghana. Par ailleurs, la question du Darfour a pesé lourd dans la balance car, dès l’ouverture du sommet, le président Oumar Konaré, a appelé le Soudan à arrêter de bombarder cette région. Et le secrétaire général des Nation Unies, Ban Ki-moon, a essayé de convaincre le président soudanais, M. el-Bechir, d’accepter le remplacement de la mission de l’UA au Darfour, sous équipée et sous financée, mise en place fin décembre 2006, par une force ONU-UA.

La candidature du Soudan à la présidence de l’UA écartée à cause du Darfour

« Comment demander à quelqu’un qui fait face à son propre conflit de régler tous ceux qui font rage sur le continent? » a déclaré un délégué ayant requis l’anonymat. L’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights watch, a demandé aux dirigeants africains de rejeter le souhait du Soudan de prendre la tête de l’Union cette année. « Accorder la présidence de L’UA au Soudan reviendrait à donner au renard la clé du poulailler et ainsi, le commandant des troupes de L’UA pourrait être coupable de génocide » a souligné Lawrence Rossin, membre du mouvement Sauvez le Darfour.

En effet, depuis quatre ans, une guerre civile fait rage dans cette région du Soudan. Plus de 200 000 personnes ont été tuées et 2,5 millions déplacées. Les droits de l’homme sont piétinés et bafoués quotidiennement. Le gouvernement soudanais refuse le déploiement des casques bleus malgré les pressions de la communauté internationale
Certains pays comme le Tchad ont menacé de quitter l’organisation, si la présidence revenait à Khartoum. D’autres pays ont proposé la Tanzanie plutôt que le du Soudan.

Cependant, les autorités soudanaises, accusent les médias occidentaux d’exagérer les faits. Et plus tôt dans la journée, le président soudanais Omar el-Bechir a déclaré à l’AFP que ce ne serait pas grave si la présidence de l’UA ne lui revenait pas.

Lors du premier jour de ce sommet qui doit s’achever mardi, plusieurs autres sujets ont été évoqués. Parmi eux, la situation en Somalie. L’Union Africaine tentera d’obtenir des Etats membres une participation à la force de paix que le conseil de paix et de sécurité africain a décidé de déployer dans les plus brefs délais pour soutenir les institutions de transition somaliennes, indique El-annabi.