Le PEAA peut-il devenir le débouché maritime des pays de l’AES ?


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Le PEAA peut-il devenir le débouché maritime des pays de l'AES ?
PEAA et AES - Photo Illustrative

Réunis à Cotonou les 12 et 13 juillet 2026, les ministres des Affaires étrangères des États membres du Processus des États africains atlantiques (PEAA) ont adopté la Déclaration de Cotonou 2026. Au-delà des engagements en faveur de la sécurité maritime, des corridors logistiques verts et de la transition énergétique, cette initiative pourrait offrir une nouvelle perspective aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Privés d’accès à la mer, le Mali, le Burkina Faso et le Niger pourraient tirer parti d’un espace atlantique africain mieux intégré pour sécuriser leurs échanges commerciaux.

Coorganisée par le Bénin et le Maroc, la 7e réunion ministérielle du PEAA a réuni les ministres et chefs de délégation des États membres du PEAA, États africains riverains de l’océan Atlantique, autour d’une ambition commune, celle de construire un espace maritime plus intégré, plus sûr et plus compétitif.

La Déclaration de Cotonou 2026 prévoit le renforcement de la sécurité dans le golfe de Guinée, le développement de corridors logistiques verts, la digitalisation des procédures portuaires et douanières ainsi que la promotion des énergies renouvelables.

Si ces engagements concernent en premier lieu les pays qui disposent d’une façade maritime, leurs retombées pourraient également profiter aux États enclavés d’Afrique de l’Ouest.

Une opportunité pour les pays de l’AES

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger partagent une même contrainte géographique : l’absence d’accès direct à la mer. Cette situation rend leurs économies fortement dépendantes des corridors de transit qui relient les ports de la côte atlantique à l’hinterland.

Les bouleversements géopolitiques de ces dernières années ont fragilisé plusieurs axes commerciaux traditionnels, poussant ces pays à diversifier leurs débouchés et à rechercher de nouveaux partenariats logistiques. C’est le cas du Niger, qui, depuis 2023, est privé du port autonome de Cotonou, pourtant vital pour son économie.

Dans ce contexte, la volonté affichée par le PEAA de développer des corridors logistiques plus performants pourrait offrir de nouvelles perspectives. Une meilleure connexion entre les ports atlantiques et les pays de l’intérieur favoriserait la fluidité des échanges, réduirait les délais de transport et renforcerait la résilience des chaînes d’approvisionnement.

Le Port autonome de Cotonou, mais aussi d’autres plateformes atlantiques comme Tanger Med au Maroc, Abidjan en Côte d’Ivoire, Lomé au Togo ou encore Nouakchott en Mauritanie, pourraient jouer un rôle clé dans cette nouvelle dynamique régionale.

L’objectif affiché est de créer un réseau logistique plus efficace, capable de soutenir le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

La sécurité maritime, une condition indispensable

Le développement de ces corridors ne pourra toutefois produire pleinement ses effets sans une amélioration durable de la sécurité dans le golfe de Guinée.

Conscients de cette réalité, les États membres du PEAA se sont engagés à renforcer leur coopération contre la piraterie, la pêche illicite et les trafics transnationaux, autant de menaces qui pèsent sur les échanges commerciaux.

Pour les pays de l’AES, dont une grande partie des marchandises transite par les ports du golfe de Guinée, la sécurisation des routes maritimes constitue un enjeu économique majeur.

Si les ambitions affichées à Cotonou ouvrent des perspectives prometteuses, leur réussite dépendra de la mise en œuvre effective des engagements pris. La réalisation des corridors logistiques, la modernisation des infrastructures, l’harmonisation des procédures douanières et le financement des projets nécessiteront une coopération étroite entre les États concernés.

Pour les pays de l’Alliance des États du Sahel, le PEAA ne représente pas seulement une initiative portée par les États côtiers. Il pourrait devenir, à terme, un levier stratégique pour améliorer leur connectivité avec les marchés internationaux et renforcer leur intégration dans les échanges régionaux.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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