
Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur la vie politique ivoirienne suscitent de réactions à Abidjan. Dans un communiqué publié ce 16 juillet, l’ambassade de Côte d’Ivoire en France dénonce des propos « irresponsables » et « condescendants » du dirigeant de La France insoumise à l’égard du président Alassane Ouattara et des institutions ivoiriennes. Elle affirme également se réserver le droit d’engager des actions en justice.
La polémique enfle entre la Côte d’Ivoire et Jean-Luc Mélenchon. Au lendemain d’un meeting organisé à Paris, au cours duquel le président de La France insoumise s’est exprimé sur la situation politique ivoirienne, l’ambassade de Côte d’Ivoire près la République française et la Principauté de Monaco est sortie de sa réserve pour dénoncer des propos jugés offensants.
Dans son intervention, Jean-Luc Mélenchon a accusé le président Alassane Ouattara d’avoir écarté ses adversaires lors de la dernière élection présidentielle et de s’être fait réélire pour un quatrième mandat qu’il qualifie d' »anticonstitutionnel ». Une lecture que rejette catégoriquement la représentation diplomatique ivoirienne.
Abidjan dénonce des « propos irresponsables et irrévérencieux »
Dans sa déclaration, l’ambassade élève « une vive protestation » contre ce qu’elle considère comme des propos « irresponsables, irrévérencieux, insultants et dégradants » visant aussi bien les institutions que le chef de l’État ivoirien.
La représentation diplomatique estime que Jean-Luc Mélenchon « n’a aucune légitimité, qualité ni compétence » pour porter un jugement sur les institutions ivoiriennes et rappelle que celles-ci sont seules compétentes pour organiser et valider les consultations électorales dans le pays.
Le communiqué insiste également sur le principe de souveraineté nationale, en martelant que « depuis le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire n’est plus une colonie française ». Selon l’ambassade, le passé colonial ne saurait justifier des prises de position jugées offensantes à l’égard de la Côte d’Ivoire.
Défendre les relations franco-ivoiriennes
Au-delà de la réponse adressée au responsable politique français, le communiqué évoque les relations qu’entretiennent Paris et Abidjan depuis plusieurs décennies. L’ambassade souligne que les deux pays ont construit une coopération fondée sur « la courtoisie et le respect mutuel », sous l’autorité notamment des présidents Félix Houphouët-Boigny et Alassane Ouattara.
Elle rappelle également que, dans un contexte où la présence française est contestée dans plusieurs pays africains, la Côte d’Ivoire continue d’assumer publiquement son partenariat avec la France. « Une autorité qui ambitionne de diriger la France devra savoir où se trouvent les intérêts du pays qu’il entend présider », ajoute encore la représentation diplomatique ivoirienne.
La menace de poursuites
Un autre point du communiqué concerne l’annonce d’éventuelles suites judiciaires. L’ambassade indique qu’elle « engagera toute action de droit » afin que les propos qu’elle estime offensants envers le peuple ivoirien et son président trouvent « réponse et réparation devant les instances et institutions compétentes ».
Par cette déclaration, Abidjan entend rappeler les principes de souveraineté et de non-ingérence qu’elle estime devoir régir les relations entre États.




