Le parlement africain démarre ses activités

Le Parlement panafricain a démarré, ce jeudi 16 septembre, ses activités en Afrique du Sud, qui accueille le siège de l’organe de l’Union africaine installé le 18 mars dernier. Cette deuxième session ordinaire du parlement africain devrait jeter les bases du travail à venir.

Le Parlement panafricain (PAP) a tenu sa session inaugurale, ce jeudi, à son siège de Midrand (située au nord de Johannesbourg), en Afrique du Sud. Le premier objectif de cet organe clé de l’Union africaine est de « faciliter la mise en œuvre effective des politiques et objectifs » de l’institution panafricaine. Mais pour l’heure, le PAP ne dispose que d’un pouvoir consultatif, qui devrait, dans cinq ans, se transformer en un réel pouvoir législatif.

La Tanzanienne, Gertrude Ibwengwe Mongella, à qui ont été confiées les rênes du nouveau parlement africain a noté, selon l’AFP, lors d’une conférence à Johannesbourg que son organisation ferait « beaucoup plus que des lois ». Le PAP, a été officiellement installé, le 18 mars dernier, à Addis Abeba (Ethiopie). Il devrait, à terme, être constitué de 256 membres. Chaque pays membre, de l’Union , ayant ratifié le protocole instituant l’organe (46 sur 53 pour l’instant) y désigne cinq représentants, « dont au moins une femme ».

Le PAP fera « beaucoup plus que des lois ».

La deuxième session ordinaire démarrera véritablement, ce vendredi, pour s’achever le 7 octobre prochain. A l’ordre du jour, on évoquera, entre autres, le mini budget alloué à l’institution qui devrait lui permettre de terminer l’année. Il sera aussi question du règlement intérieur de l’organisation et du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (Nepad). Selon la présidente du nouveau parlement africain, cette rencontre devrait poser les bases du travail futur de son institution, qui tiendra deux sessions annuelles.

Le siège définitif du parlement panafricain, en Afrique du Sud, reste encore à définir. La République sud-africaine a été choisie suite au désistement de la Libye et au retrait de la candidature égyptienne. En mars 2004, le parlement africain, un des principaux organes de l’Union africaine, qui en compte environ une dizaine, était le quatrième à avoir été installé. Sa mise en place intervient après celle de la Commission, du Comité exécutif et du Conseil de paix et de sécurité.

Faire ses preuves

Le parlement est en tout cas une organisation en devenir qui devra faire ses preuves pour qu’enfin la voix des Africains soit entendue par leurs dirigeants. Un souhait quelque peu remis en question si l’on se réfère à la principale critique qui est actuellement faite à l’institution. Le mode de désignation des nouveaux parlementaires favorise, en effet, les majorités présidentielles. Alors que le protocole de création du parlement stipule que « la représentation de chaque Etat membre doit refléter la diversité des opinions politiques de chaque parlement ou tout autre organe législatif national ».

Par ailleurs,l’une des missions du PAP est de « familiariser les peuples africains aux objectifs et politiques visant à intégrer le continent dans le cadre de la mise en place de l’Union africaine ». Mais les Etats, qui sont les socles sur lesquels doivent reposer la vie d’une nation, sont-ils prêts, eux, à œuvrer pour cette intégration panafricaine ?