Le pape François au Kenya, Ouganda et Centrafrique : une évangélisation à haut risque

Le pape François se rend mercredi 25 novembre dans trois pays d’Afrique, notamment le Kenya, l’Ouganda et la Centrafrique, pour le voyage le plus risqué de son pontificat.

C’est dans un contexte très particulier, de terrorisme et autres violences que le pape François va se rendre, ce mercredi 25 novembre, dans trois pays d’Afrique, notamment le Kenya, l’Ouganda et la Centrafrique. Il s’agit là du voyage le plus risqué de son pontificat. C’est un message de paix, de justice sociale et de dialogue entre islam et christianisme que Jorge Bergoglio, 78 ans, veut apporter en cinq jours, pour son premier séjour sur le continent africain, du 25 au 30 novembre. Un voyage à haut risque qui tient à cœur le souverain pontife.

Ouverture d’une Porte sainte dans la cathédrale de Bangui

Lors de ce onzième déplacement à l’étranger, le pape enchaînera les visites de terrain et prononcera 19 discours. Il entendra de nombreux témoignages, d’enfants soldats, de victimes du sida, de victimes des guerres et de la pauvreté. L’un des moments les plus attendus de ce périple du pape reste l’ouverture, le dimanche 29 novembre, d’une Porte sainte dans la cathédrale de Bangui.

Même si le Vatican assure que le programme à Bangui est maintenu, les violences entre milices musulmane et chrétienne et l’insécurité pourraient contraindre le souverain pontife à réviser ses projets au dernier moment. En effet, interrogé sur la chaîne catholique italienne TV2000, le commandant de la gendarmerie vaticane, Domenico Giani, a reconnu, vendredi, que le programme pourrait subir quelques modifications en fonction des impératifs de sécurité.

Insister sur l’exclusion sociale fragrante

Le pape François doit se rendre en Afrique anglophone, notamment au Kenya et en Ouganda, deux pays où une bonne partie de la population est catholique, et qui sont confrontés à la menace terroriste des shebab somaliens. Au Kenya, visté trois fois par le pape Jean Paul II, comme en Ouganda, premier pays africain visité par un pape (Paul VI) en 1964, le pape François est attendu pour lancer un message fort contre l’inégalité et la corruption qui gangrènent la société, la classe politique et même l’Eglise. Il devra insister sur l’exclusion sociale fragrante dans ces deux pays, surtout au Kenya où 75% de la richesse serait détenue par 1% de la population.

En Ouganda, le pape honorera tous les martyrs chrétiens victimes de toutes sortes d’exploitations en Afrique : religieuse, culturelle, politique, sexuelle. Au sanctuaire de Namugongo, le pape célèbrera une messe commémorant les premiers saints africains, 22 jeunes martyrs chrétiens, dont Charles Lwanga, brûlés vifs à la fin du XIXème siècle sur ordre du roi Mwanga. Au cours de ce périple africain, il sera donc question pour le pape de faire connaître ou de rappeler la foi chrétienne à des individus souvent perdus dans la misère, l’opulence (eh oui), les crimes, les violences, les dictatures, les guerres, la famine et autre maux qui gangrènent ce monde. Une évangélisation qui ne manque cependant pas de risques, compte tenu des pays ciblés partagés entre terrorisme, guerre, conflit.