Le Nigeria veut décongestionner ses prisons

Ils seront environ 25 000 prisonniers à jouir à nouveau de leur liberté dans le cadre de la nouvelle politique fédérale de décongestion des prisons. L’annonce a été faite, mercredi dernier, par le ministre de la Justice, Bayo Ojo, pour qui ce plan est une urgence.

Pour nombre de prisonniers nigérians, « Bonne année 2006 » ne sera pas un souhait vide de sens. Ils sont pas moins de 25 000, soit près de la moitié des effectifs des prisons nigérianes, à être en passe de recouvrer leur liberté. L’annonce a été faite, mercredi, par le Procureur général et le ministre de la Justice, Bayo Ojo, à la suite du premier conseil des ministres de l’année. Ce dernier a indiqué que la décongestion des prisons est désormais une urgence pour le gouvernement fédéral compte tenu des conditions de vie déplorables des personnes incarcérées. Mais surtout de la longueur de la détention préventive au Nigeria, que Bayo Ojo a qualifiée de « problème endémique ».

Des prisonniers qui méritent largement leur liberté

Sur les 40 444 prisonniers détenus dans les 227 prisons réparties sur tout le territoire, 65% attendent d’être jugés. Le taux de mortalité dans les prisons nigérianes, selon les organisations humanitaires, compterait parmi les plus élevés au monde. Ces dysfonctionnements concernent en majorité des maisons d’arrêt localisées dans les zones urbaines. Aussi, le nouveau plan de désengorgement des prisons du gouvernement fédéral prévoit la libération des personnes âgées, des séropositifs, des malades en phase terminale, de ceux qui ont purgé leurs peines en détention préventive ou dont les dossiers ont été égarés. Ceux des prisonniers incarcérés entre 3 et 10 ans seront étudiés au cas par cas. Le ministre a également annoncé la création de centres de réhabilitation dans les « six régions géopolitiques » du pays pour aider les anciens détenus à acquérir un minimum de formation afin de faciliter leur réinsertion sociale.

Pour mener à bien ce processus, un inspecteur en chef des prisons devrait être prochainement nommé. De même que des comités de visiteurs de prison, composés de volontaires, seront mis en place. A noter que la surpopulation des centres de détention ne concerne pas seulement les adultes. Soixante-dix pour cent des 6 000 enfants et adolescents incarcérés au Nigeria le sont pour des délits mineurs, selon un rapport, publié à la fin de l’année dernière, par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef).