Le malaise perdure en RDC

La Commission nationale indépendante (CENI) a reporté à vendredi l’annonce des résultats de la présidentielle du 28 novembre, initialement prévus mardi. Un report qui fait craindre de nouvelles violences dans le pays.

La République démocratique du Congo (RDC) retient son souffle. Le report, par la Commission nationale électorale (CENI), à vendredi de l’annonce des résultats de la présidentielle, initialement prévus mardi, révèle la cacophonie qui règne dans le pays. Selon le président de la CENI Daniel Mulunda ce changement de calendrier était nécessaire car la CENI n’avait pas tous les PV des 169 centres locaux de compilation des résultats. « Voilà pourquoi nous avons dû repousser les résultats globaux provisoires. Pour respecter la loi, il faut que nous ayons en notre possession tous ces procès-verbaux », a-t- expliqué.

Selon les premiers résultats, après le dépouillement de 89% des bureaux de vote, le président sortant Joseph Kabila arrive en tête avec 49% des votes, suivi de son rival Etienne Tshikedi, chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), avec 39%. Ce dernier a d’ores et déjà prévenu qu’il contesterait les résultats et a mis en garde « M. Mulunda et M. Kabila pour qu’ils respectent la volonté du peuple », ajoutant « qu’en cas de besoin » il lancerait un « mot d’ordre », sans plus de précisions.

La crainte d’une recrudescence des violences

Mais le report des résultats pourrait bien faire basculer le pays dans une nouvelle flambée de violences. Notamment dans la ville de Lubumbashi, dans la province du Katanga, où les affrontements ont été les plus meurtriers depuis le début du scrutin à un tour, le 28 novembre. Pas plus tard que lundi, forces de l’ordre et manifestants se sont violemment accrochés dans plusieurs villes. A Kinshasa, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les contestataires et des coups de feu ont retenti dans une ville de la province occidentale du Kasaï, fief de l’opposant Etienne Tshisekedi.

Craignant une recrudescence des affrontements, des milliers de personnes ont fui Kinshasa pour Brazzaville. De son côté, le Procureur de la Cour Pénale internationale (CPI), Luis Morano Ocampo, a rappelé mardi qu’il suivait la situation sur place de près, indiquant qu’il ne tolèrera « aucun retour à la violence ».

La contestation à l’encontre du président Kabila a aussi été très vive dans les capitales occidentales. Des centaines de partisans de l’opposition ont manifesté à Londres, Bruxelles et Toronto, scandant « Kabila dégage ! » et dénonçant des fraudes dans le scrutin. Des dizaines d’entre eux ont été interpellés après des heurts avec les forces de l’ordre.

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