Le Japon à la reconquête de l’Afrique

En tournée en Afrique, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a promis ce mardi une enveloppe de plus de 200 millions d’euros pour promouvoir la paix et la sécurité sur le continent.

Face à l’expansion de la Chine en Afrique, le Japon, qui y est présent depuis des décennies, veut à tout prix rattraper son retard. Malgré des relations anciennes avec l’Afrique, le Japon ne représente en effet que 2,7% des échanges commerciaux du continent, contre 13,5% pour la Chine, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Désormais Tokyo veut reconquérir le marché africain.

Actuellement en tournée en Afrique, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a en effet promis ce mardi plus de 200 millions d’euros pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique, lors d’un discours au siège de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba. L’Ethiopie est en effet la troisième étape de la tournée africaine de Shinzo Abe, organisée dans un contexte de rivalité accrue avec la Chine. Il s’est auparavant rendu en Côte d’Ivoire et au Mozambique, et doit poursuivre vers Oman.

Aider les jeunes et les femmes

Selon le Premier ministre, « pour répondre aux conflits et catastrophes en Afrique, le Japon prépare une aide d’environ 320 millions dollars », ou 234 million d’euros, a annoncé le dirigeant japonais. Ce n’est pas tout. Ce montant inclut une aide de 25 millions de dollars, soit 18 millions d’euros, pour tenter de sortir le Soudan du Sud de la crise, ainsi que 3 millions de dollars, soit 2 millions d’euros, pour la Centrafrique.

Le Premier ministre japonais a également insisté sur la nécessité pour son pays de renforcer les liens économiques avec l’Afrique, et notamment de promouvoir le secteur privé, promettant d’augmenter les investissements sur le continent. « L’Afrique est devenue le continent porteur d’espoir pour le monde, à travers son potentiel de ressources et le dynamisme de sa croissance économique », a-t-il affirmé, doublant à 2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros) une promesse de prêt au secteur privé faite en 2012.

Le dirigeant japonais a également précisé que la diplomatie japonaise en Afrique avait surtout pour ambition de prêter main forte aux « jeunes, qui, sans aucun doute, porteront la responsabilité de la future Afrique, et les femmes, qui donneront naissance aux générations futures d’Afrique ».
L’Afrique enregistre aujourd’hui des taux de croissance économique parmi les plus fortes du monde. Seulement, cette croissance ne profite pas encore aux populations confrontées à la pauvreté et au chômage.