Le gouvernement Ouattara pris en flagrants délits de mensonges économiques en Côte d’Ivoire


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Franklin Nyamsi
Franklin Nyamsi

Le gouvernement Ouattara pris en flagrants délits de mensonges économiques en Côte d’Ivoire. Un dossier du Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun, Docteur de l’Université Charles de Gaulle, Lille 3

Croissance, taux de pauvreté, niveau de développement humain, richesses nationales, tendances générales de l’espérance de vie, taux de chômage, taux d’endettement, balance commerciale, etc. Le gouvernement ivoirien vient d’être pris la main dans le sac du mensonge. Proclamant à cor et à cri que l’embellie économique n’a jamais été aussi formidable qu’aujourd’hui dans ce pays, jurant ses grands dieux que son bilan économique est inattaquable, le régime Ouattara a attiré notre attention sur les chiffres réels de l’économie ivoirienne. Le résultat de notre enquête est affligeant : Jamais gouvernement ivoirien n’avait autant brillé dans l’imposture économique que celui dirigé en cette année 2019 par le Président Alassane Ouattara, le Vice-Président Kablan Duncan et le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly. Démonstration.

Quelles réalités alléguées, quelles réalités attestées ?

Sur le site du gouvernement, toutes les données macroéconomiques sont calculées en fonction du PIB, et monsieur Ouattara se permet de faire croire aux Ivoiriens que la croissance du pays est en hausse constante. Voici en effet ce qu’on peut lire :

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Source : https://finances.gouv.ci/economie/statistiques-economiques

Qu’en est-il de la réalité de la croissance économique ivoirienne ? Une consultation des données ivoiriennes sur les sites du FMI et de la Banque Mondiale révèle plutôt une croissance en baisse tendancielle régulière depuis 2016. Lisons :

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Source : FMI et Banque Mondiale 2018

Quel commentaire ? On observe clairement que la présentation de la situation économique du pays par le gouvernement ivoirien est biaisée. Les données internationales révèlent une croissance fortement dépendante des profits des multinationales étrangères, qui expatrient tout naturellement leurs bénéfices à l’étranger chaque année. On s’aperçoit aussi très vite que l’endettement de l’Etat ivoirien reste très fort, avec une hausse marquée en 2019. Que la balance commerciale déficitaire de la Côte d’Ivoire s’est négativement multipliée par quatre depuis 2016, passant de -0.41 à -2,11% envisagés pour 2020.  On voit une croissance en baisse constante depuis 2016, passant de 8,3% en 2016 à 6.9% prévus en 2020…Sans oublier que le PIB, en fonction duquel la croissance est calculée ici, est un indice qui met ensemble les richesses produites par les nationaux et celles produites par les acteurs économiques étrangers en Côte d’Ivoire. Ce qui n’indique rien de l’état réel des richesses réelles produites par les Ivoiriens eux-mêmes ou conservées en Côte d’Ivoire chaque année. Le PNB (Produit National Brut) aurait mieux renseigné l’opinion sur la réalité de la richesse ou de la pauvreté dans ce pays. Hélas, le régime Ouattara occulte ce critère de lucidité.

Mais d’autres indices viennent confirmer que la croissance ivoirienne est clairement pauvre…

L’espérance de vie[1] ivoirienne est à 53 ans, derrière le Sénégal (67 ans) ou même le Cameroun (58 ans), économies pourtant comparables…

Le taux de chômage dans le pays oscille entre 70 et 90% selon la BAD ( Banque Africaine de Développement) basée en Côte d’Ivoire.

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Et les ministres du gouvernement Ouattara ont régulièrement brillé par leur cacophonie[2] sur ce sujet. IL n’est que consulter les déclarations successives et contradictoires des ministres Sidi Touré, Bruno Koné, Touré Mamadou [3], Abinan Kouakou, sur ce sujet pour s’en convaincre.

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Le taux de pauvreté ivoirien, qui était de près de 39 % en 2000 selon la Banque Mondiale[4] et le FMI, tend vers 50% en 2019.

Le coup de massue vient du rang lamentable de la Côte d’Ivoire, sept ans après l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, en matière d’Indice du Développement Humain, classé par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). On découvre en effet que la Côte d’Ivoire se retrouve parmi les pays à développement humain faible, avec les rangs de 35ème/53 pays africains, 170ème / 228 pays dans le monde.

Les Ivoiriens, longtemps lobotomisés par les fanfaronnades économiques du régime Ouattara, peuvent donc d’ores et déjà contempler le tableau ci-dessous avec stupéfaction et lucidité :

PJ5Comment le Président Ouattara et son gouvernement peuvent-il convaincre les Ivoiriens qu’ils les conduisent vers l’émergence tous azimuts alors que la Côte d’Ivoire se classe en matière de développement humain derrière le Togo, les Comores, le Sénégal, la Mauritanie, le Lesotho, le Cameroun, pour ne citer que ceux-là ?

Un dernier classement, pour finir, au moment où les ivoiriens croient que le cumulard ministre-maire Hamed Bakayoko est en train de réaliser des miracles au ministère de la défense. Consultons le classement de l’armée ivoirienne parmi les armées africaines et mondiales. Tout aussi médiocre, derrière le Mali, le Niger, le Tchad, le Cameroun, etc…

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Source : https://www.agenceecofin.com/securite/2004-56315-classement-des-puissances-militaires-africaines-en-2018-selon-global-fire-power

Conclusion de la chose : l’euphorie économique du gouvernement Ouattara-Duncan-Gon en Côte d’Ivoire cache mal le fait massif d’une croissance pauvre, d’un surendettement constant, d’une balance commerciale déficitaire et en baisse constante, d’une pauvreté nationale forte, d’un développement humain faible, d’une restructuration très insuffisante des forces de défense, d’un chômage de masse impressionnant. Bref, Ouattara et son gouvernement nous mentent, quand ils prétendent que la Côte d’Ivoire se porte économiquement bien, trop bien même. C’est plutôt l’imposture permanente du régime RHDP d’Alassane Ouattara qui jouit d’une bonne santé en Côte d’Ivoire.

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