Le Ghana veut mettre du sel dans son économie

Le sel fait partie des ressources naturelles sous-exploitées du Ghana. Pour draguer son voisin Nigérian, grand consommateur de sel, le Ghana vient de lancer un appel aux compagnies étrangères afin qu’elles investissent dans les mines de sel du pays.

Le Ghana est riche et pauvre à la fois. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’industriel ghanéen Onua Amoah et intitulée  » Le potentiel industriel du Ghana « . Le pays est en effet riche de ressources naturelles qui, faute d’être exploitées correctement ou d’être exploitées tout court, n’arrivent pas à endiguer la pauvreté que connaît le Ghana. Il en est ainsi du bauxite, du fer, du magnésium, de l’or et surtout… du sel.

Le Ghana est le seul pays d’Afrique de l’Ouest, avec le Sénégal, à posséder une eau de mer à haute teneur en sel qui permet une production de ce produit pour une utilisation à la fois domestique et industrielle. Le sel se retrouve dans l’industrie par le biais de l’hydroxyde de sodium ou des sulfates de magnésium et de sodium. Malgré les tonnes de sel qu’il serait en mesure de produire, le Ghana n’a jamais développé ce secteur. Résultat : les consommateurs industriels de sel l’importent du Brésil, d’Argentine ou d’Australie.

Attirer les investissements étrangers

Visant le fructueux marché du Nigeria voisin – qui achète pour 1,5 milliard de dollars de sel par an -, le gouvernement ghanéen a décidé d’agir. Le ministre du Développement du secteur privé, Kwamena Bartels, a lancé un appel sur la BBC :  » Nous avons besoin que des compagnies étrangères investissent dans nos mines de sel afin de produire suffisamment pour que le Nigeria importe de chez nous « . Ajoutant qu’un investissement de 150 millions de dollars serait suffisant pour amorcer des négociations avec le Nigeria.

Cet intérêt porté au sel fait parti d’un plan plus large, s’appuyant sur le développement du secteur privé et destiné à attirer les investissements directs étrangers au Ghana. Le gouvernement espère ainsi booster son taux de croissance et réduire la pauvreté.