Le Ghana se déclare très pauvre

Le Ghana a décidé de rejoindre les Pays pauvres très endettés (PPTE). Mais pour être accepté au sein du programme de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le pays doit mener à bien une drastique politique d’ajustements structurels.

Le Ghana souhaite intégrer le groupe des pays pauvres les plus endettés (PPTE). L’annonce, proclamée vendredi dernier, est loin d’être une disgrâce. Elle permettrait au pays d’alléger une dette qui plombe toute sa politique de développement. Si l’économie ghanéenne répond effectivement aux critères établis par la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) , il reste aux autorités d’Accra à veiller à la mise en oeuvre d’un grand programme de réformes structurelles. La dette du Ghana s’élève à 7 milliards de dollars (plus de 50 milliards de FF).

L’initiative pour les PPTE date de 1996. Instituée par le FMI et la BM, elle consiste à permettre aux pays très endettés d’atteindre un niveau de dette viable en six ans. Contrairement aux mécanismes traditionnels de réduction de la dette, qui ne prennent en compte que les dettes bilatérales (d’Etat à Etat), cette initiative considère également la dette multilatérale contractée auprès des différentes instances internationales (FMI, BM, OPEP, Banque européenne de développement…).

Les insolvables, par ici

Mais n’entre pas qui veut dans le cercle des PPTE. Pour profiter d’une  » compréhension  » conjointe de ses différents créanciers, les postulants doivent remplir certains critères, et tout d’abord être considérés comme insolvables par les instances monétaires internationales.

Le Ghana est certes éligible à l’initiative des PPTE, car sa dette représente 224% de ses exportations (le ratio pour considérer la solvabilité de la dette est fixé à 150%, Ndlr). Mais le FMI et la BM doivent évaluer un programme d’ajustements structurels, mis en place conjointement avec le pays, avant d’accepter de le compter au nombre des élus.

Les grandes réformes macro-économiques, déjà amorcées par le nouveau gouvernement, permettront au Ghana de restructurer son économie. Les autorités sont résolues à mener une politique de rigueur, quels que soient ses effets à court terme sur la population. L’opposition donne déjà de la voix.