Le festival Afrikakeur souffle sa seconde bougie

La deuxième édition du festival Afrikakeur s’est ouverte ce mercredi à Dakar pour une semaine de concerts et de festivités. Un événement à la fois culturel et humanitaire. Après les ratés du premier rendez-vous, Patrick Corréa, directeur général et initiateur du projet, entend regagner la confiance de ses partenaires.

Concerts, humour, sport et actions humanitaires, Afrikakeur a ouvert ses portes ce mercredi à Dakar. Un événement qui doit aujourd’hui faire ses preuves suite aux déconvenues de la première édition. Après Richard Bohringer en 2004, c’est l’Abbé Pierre[[<1>Représenté par Pape Ly]], fondateur d’Emmaùs, qui est cette année le Président d’honneur du festival culturel qui se bat pour les enfants des rues. Aux côtés de la pléiade d’artistes sénégalais, les Nubians, les Neg’Marrons, Diziz Lapeste (Serigne M’Baye Gueye) ou encore Jacob Desvarieux seront, entre autres, de la partie. A noter également la présence de l’humoriste Adama Dahico, de l’acteur Kader Diarra, de l’illusionniste Ernest Dayang et du basketteur sénégalais Boris Diaw évoluant aux Etats-Unis.

« Nous avons été sanctionnés à la première édition où il y avait eu beaucoup de couacs », explique Patrick Corréa, directeur général et initiateur du projet. « La deuxième édition est difficile parce que beaucoup de gens ne nous ont pas suivis. Ici on ne vous pardonne rien, même pas la première fois. Mais nous avons beaucoup appris de nos erreurs et avons gagné en professionnalisme. Nous avons cette fois-ci décidé d’être plus réalistes et nous mettons tout en œuvre pour regagner la confiance de gens », explique-t-il très lucide. Le budget a, par exemple, été revu à la baisse avec 150 millions de FCFA (228 600 euros) contre 200 millions (305 000 euros) en 2004[[<2>Le festival avait enregistré 30 millions de FCFA de déficit]]

« Je me sens utile »

S’il s’est lancé dans l’aventure ce n’est certes pas pour l’argent, mais pour le besoin de se rendre utile. « En tant que médecin je gagne déjà bien ma vie. Le fait est que j’ai des amis, dont Mouss Diouf (comédien français, ndlr) avec lesquels nous avons eu l’idée de monter un grand rendez-vous culturel au Sénégal, pour soulever des problèmes sociaux, en l’occurrence les enfants des rues. Je monte l’événement par pur plaisir. Si je ne prenais pas du plaisir en le faisant et que les gens n’en prenaient pas nous plus en y assistant, je n’aurais aucune raison de continuer. Mais là je me sens vraiment utile. »

Pour prouver le concret de l’action de l’association, Afrikakeur affiche cette année le bilan des actions annoncées l’an dernier et mises en œuvre auprès des jeunes. Arbre de Noël, ateliers de formation, synergies créées entre différents acteurs du secteur de l’enfance, la plus médiatique des actions reste cependant le concours lancé de mars à juin 2005 à la télévision, pour dénicher les futures stars de la chanson du pays. « L’émission, produite par la chaîne 3A Télésud et diffusée sur leur antenne ainsi que sur les deux chaînes nationales du Sénégal (RTS 1 et RTS 2, ndlr) a auditionné 100 groupes pour en retenir 10. Chacun fera la première partie des concerts proposés pendant le festival », explique Patrick Corréa.

Des artistes venus bénévolement

Si les partenaires, échaudés par la première édition, se sont montrés relativement discrets, les artistes ont, quant à eux, répondu présents à l’invitation. « Tous sont venus gracieusement. Ils se sont complètement appropriés le festival », tient à préciser le directeur général d’Afrikakeur. Ils feront donc le show toute la semaine. Semaine qui sera également rythmée par deux tournois sportifs (foot et basket), dont l’un est parrainé par un fils du pays évoluant aux Atlanta Hawks en NBA[[<3>Le plus prestigieux des championnats nationaux]]. Tous les ingrédients sont là pour que la fête soit réussie. A nous de leur souhaiter une meilleur fortune que l’an passée…