Le « développement endogène » s’invite au Salon des Solidarités

Salon des Solidarités, le 13 juin 2014 (Ph : Fouâd Harit/Afrik.com)

Le Salon des Solidarités, qui s’est tenu du 12 au 14 juin à Paris-Porte de Versailles, a été l’occasion d’aborder un thème particulier : le « développement endogène ».

C’est ce samedi que s’achève le Salon des Solidarités, à Paris. De nombreux acteurs du secteur de la solidarité, candidats et curieux, se sont ainsi retrouvés, durant trois jours, pour échanger autour de ce thème. Ce vendredi, la salle « Afrique » du forum accueillait des dizaines de personnes venues assister à une conférence dont le sujet tournait autour du développement endogène.

Le développement endogène est, selon la définition établie par la région île de France, un concept économique né dans les années 1970, dans un contexte de revendication des pays du Tiers monde. Il traduisait l’idée d’un développement auto-centré, reposant sur les forces du pays. Ce concept a toutefois été abandonné au profit d’une vision plus territorialisée. Après les années 1980, et sous les effets de la crise économique, on introduit les notions de retrait de l’Etat, décentralisation, gouvernance et territoire. Le développement endogène, tel qu’il a évolué aujourd’hui, intègre le développement territorial dans une économie mondialisée. Ce concept n’a plus seulement été débattu au sein des sphères économiques, mais s’est notamment diffusé à l’ensemble des acteurs de la solidarité internationale. Mais aujourd’hui, un nouveau rapport au « territoire » et au « local » semble se dessiner dans tous les champs de la coopération internationale.

Salon des Solidarités, le 13 juin 2014 (Ph : Fouâd Harit/Afrik.com)

La région île de France a invité quatre intervenants qui appartiennent tous au secteur de la solidarité internationale et qui oeuvrent dans des domaines très différents : coopération institutionnelle, financière et culturelle. Ali Soumaré, conseiller régional et membre de la Commission des Affaires internationales et européennes au Conseil régional, a ouvert cette table ronde en affirmant que « le développement endogène est la pierre angulaire de l’action extérieure du Conseil régional ». Il a exprimé son souhait de voir les pays occidentaux, tout particulièrement la France, considérer leurs « partenaires » africains à leur juste valeur.

La région île de France noue des partenariats avec différentes structures, telle que la Coordination des associations de développement des cercles de la région de Kayes (Mali) en France (CADERKAF). La secrétaire générale de cette structure, Diane Touré, qui regroupe plusieurs dizaines d’associations, était présente à cette table ronde. « Aujourd’hui, dans la région de Kayes, au Mali, ce sont les associations qui font le travail du gouvernement. L’Etat a abandonné cette région », a-t-elle fustigé. En France, près de 80% des Maliens viennent de la région de Kayes. « Les Maliens de France n’ont plus les moyens de participer au développement de leur région au Mali », affirme-t-elle. Elle appelle les pouvoirs publics maliens à réinvestir la région de Kayes. Le CADERKAF, en partenariat avec la région île de France et d’autres institutions, mène des projets en faveur de Kayes.

Le secteur du financement solidaire était représenté par Johann Fourgeaud, chargé d’investissement de la société coopérative d’intérêt collectif Fonds Afrique Développement (FADEV). Le FADEV est une plateforme de microcrédit solidaire entièrement dédiée aux PME africaines. Elle permet aux auto-entrepreneurs africains de bénéficier d’un fonds d’investissement pour continuer à développer leur projet. « Il faut que l’entreprise existe déjà, car nous ne faisons que les accompagner dans leur développement. Nous n’aidons pas à la création », insiste Johann Fourgeaud. « Tout le monde peut investir à travers cette plateforme, mais à terme nous espérons que les Africains investissent aussi, depuis l’Afrique, pour aider les PME en Afrique », lance-t-il. Johann Fourgeaud estime que le FADEV est « une réponse pertinente » au développement endogène.