Le destin d’Air Afrique se jouera bientôt

La multinationale africaine sera privatisée de facto en octobre. De l’identité de ses nouveaux propriétaires dépendra le destin de la compagnie historique de l’Afrique noire indépendante.

132 milliards de francs CFA (203,6 millions d’euros) : c’est la dette d’Air Afrique par avion, au terme d’années de marasme et c’est un chiffre que les onze pays actionnaires de la multinationale ne peuvent plus continuer d’ignorer. C’est pourquoi Pape Thiam, le président directeur général de la compagnie, a annoncé mercredi à Niamey l’objectif d’une prochaine  » recapitalisation «  des actions de l’entreprise : en d’autres termes, Air Afrique va être partiellement privatisée. Les 68,48 % d’actions actuellement détenues par les Etats pourraient ne plus représenter, au terme de l’opération, que le quart du capital.

Air Afrique est née en 1961. Elle est fille du traité de Yaoundé, lorsque le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la République centrafricaine, le Sénégal, le Tchad et le Togo ont décidé de se doter de cet outil formidable de développement de leurs communications internes et avec l’Europe notamment.

Usagers et investisseurs

A qui iront les actions d’Air Afrique ? A moins de quatre mois de la privatisation, une association d’usagers s’est faite connaître. Son président, Cheikh Ousmane Diallo, a annoncé l’intention de l’association de constituer un fonds d’investissement qui serait doté d’au moins 5 milliards de CFA (7,7 millions d’euros). Les délégués de l’association, d’après PANA, vont démarcher des actionnaires dans les différents pays détenteurs de parts Air Afrique.

De son côté, Pape Thiam dit qu’il est  » important qu’une compagnie soit adossée à une autre plus importante ou moins importante « . En termes moins ésotériques, le PDG envisage un rachat d’Air Afrique par l’un de ses concurrents, probablement européen ou américain. Il est vrai que les lignes exploitées par la multinationale africaine, mais aussi la flotte d’avions récents lui donnent un attrait évident. Mais qu’en serait-il, dans ce cas, des lignes jugées les moins rentables ?