Le Dakar ne passera pas par le Sénégal

La trentième édition du rallye Dakar se déroulera en dehors d’Afrique. Annulée cette année pour cause de risques terroristes sur la Mauritanie, les organisateurs ont décidé de délocaliser la compétition en Amérique du Sud. Au programme : « un tracé exceptionnel », mais certainement moins d’équipes africaines, faute de moyens.

Le Dakar s’envole vers d’autres horizons. En Amérique du Sud, plus précisément. La trentième édition de la course auto-moto mythique n’aura donc plus d’africain que le nom. Amaury Sport Association, organisateur de l’événement, a en effet annoncé lundi que la compétition se déroulera en Argentine et au Chili du 3 au 18 janvier 2009.

Cette édition « promet un tracé exceptionnel, une boucle de 9 000 kilomètres dont 6 000 de spéciales, entre Buenos Aires, Valparaiso et Buenos Aires », indique un communiqué, qui précise que « les organisateurs ont été séduits par la découverte de territoires où la navigation, le sable et les franchissements seront au rendez-vous ».

Solution de rechange

La nouvelle a été diversement ressentie au Sénégal, où le périple sportif prenait fin près du lac rose. Un périple avorté cette année par les menaces terroristes qui pesaient sur la Mauritanie, conduisant à l’annulation du Dakar. Dans le secteur touristique, on se désole de la délocalisation du Dakar par anticipation d’un sérieux manque à gagner.

En revanche, la Fédération sénégalaise de sport automobile (FSAM) se montre plus positive. « C’est dommage, mais je ne pense pas que ce soit dramatique. Ca va nous obliger à faire quelque chose pour remplir le vide laissé par le raid Lisbonne-Dakar-2008. (…) Nous sommes en train de réfléchir à des formules. Ce sont des idées, des réflexions autour de projets que nous pourrons avoir » pour remplacer le rallye, a expliqué à l’AFP Dialo Kane, président de la FSAM.

Le Dakar latino trop cher

D’autant qu’au final peu de coureurs pourraient se permettre de participer au Dakar en terre sud-américaine. Selon Lune Taal, chargé de communication de la FSAM, les Sénégalais n’auront plus droits aux facilités d’inscription, puisqu’elles devraient désormais bénéficier aux Latino-Américains. L’aide pour le transport par bateau des véhicules, prévu fin novembre début décembre, pourrait elle aussi passer sous le nez des Africains…

Au final, il se révélerait plus avantageux financièrement pour les Africains de prendre part aux courses du continent africain, comme les 6h de Dakar et les rallyes de Tunisie, du Maroc et de l’Egypte.