Le Congo par Couleurs Congo

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Un DVD sur les 12 départements du Congo, doublé d’un CD musical et d’un livret, le coffret Couleurs Congo offre au pays l’une de ses plus belles cartes de visite. Hassim Tall Boukambou, producteur et initiateur du projet, revient sur une aventure humaine qui aura nécessité un an de travail. Une œuvre d’intérêt national qu’il considère comme un outil de promotion pour le pays et même comme un levier de développement. Interview.

« Il n’y a pas que le pétrole et le bois au Congo. Notre véritable richesse réside dans notre faune, notre flore, notre culture et notre histoire ». C’est la conviction qu’a acquise Hassim Tall Boukambou à l’issue de la production de Couleurs Congo. Le coffret événement DVD + CD + livret, nous fait découvrir l’ensemble des 12 départements du pays que ses équipes ont écumés jusqu’à l’inaccessible. Un document inédit. C’est un producteur fatigué mais heureux qui nous explique toute la portée d’un travail qu’il considère comme un fantastique outil de promotion du pays. Dernier né de ses supports audiovisuels, Couleurs Congo, revêt une dimension et une importance toute particulière à ses yeux. Il s’agit de sa contribution au développement de son pays. Explications.

Brazzaville, Bamako, le Mali……et maintenant le Congo, vous vous êtes apparemment spécialisé sur l’Afrique. Pourquoi ce parti-pris?

Hassim Tall Boukambou
: Nous sommes dans une véritable guerre d’images et l’Afrique est malheureusement l’objet de tous les clichés et stéréotypes. L’image est tristement biaisée. C’est vrai pour l’ensemble du continent et plus encore pour mon pays le Congo. J’essaie d’apporter un regard plus africain sur les choses. Un regard axé sur le patrimoine et les richesses naturelles, historiques et culturelles des pays. Je pense que les Africains sont mieux placés que les autres pour définir qui ils sont. Et mon travail apporte sa pierre à l’édifice. Pour Couleurs Congo c’est encore un peu plus particulier dans la mesure où j’officiais chez moi. Il y avait une charge affective plus grande. Et un regain de pression pour réaliser une belle production qui fasse l’unanimité.

Combien de temps aura nécessité Couleurs Congo ?

Hassim Tall Boukambou
: C’est la première fois qu’un film de cette ampleur est produit au Congo. En tout, ce sont 20 personnes qui ont travaillé au quotidien sur Couleurs Congo. Il aura nécessité un an de production, avec un gros travail de recherche en amont pour lequel il nous a fallu regrouper toutes les sources d’informations sur le pays : les livres, les archives administratives, audio et vidéo, les cartes, mais aussi les informations orales que nous pouvions avoir. Avec nos trois équipes sur le terrain, que je tiens à saluer ici, nous avons sillonné tout le pays, tourné des images inédites de départements très enclavés (le pays compte 12 départements, ndlr). Nous avons même découvert des endroits complètement vierges. Nous sommes allés à la rencontre des gens. C’était une formidable aventure humaine. Parfois très rock n roll, mais ça en valait 1000 fois la peine.

Vous avez été dans des coins très reculés du pays. Quel a été l’accueil des gens ?

Hassim Tall Boukambou :
Au bout de chaque kilomètre, nous avions toujours le même accueil chaleureux des habitants. Ils étaient à la fois fiers et agréablement surpris qu’on s’intéresse à eux. Quand nous expliquions ce pourquoi nous étions là, chacun voulait participer à sa manière. On nous offrait souvent le gîte et le couvert, et tous se faisaient fort de nous montrer le meilleur de leurs contrées. Mais rien n’aurait pu se faire sans les autorités locales. La majorité des préfets a joué le jeu et nous ont énormément aidés.

Vous avez sillonnés le pays. Qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

Hassim Tall Boukambou :
(spontanément) La découverte de sites touristiques non répertoriés, comme les superbes chutes de Matadi Ma Diaba, uniquement connues des locaux et des rares voyageurs. Je connaissais bien mon pays, mais c’était à travers les livres. La réalité m’a ouvert les yeux sur toutes les vraies richesses du Congo. Aujourd’hui les gens ne voient que le pétrole ou le bois, mais je peux vous affirmer, pour l’avoir touché moi-même du doigt à l’issue de Couleurs Congo, que notre véritable richesse réside dans notre faune, notre flore, notre culture et notre histoire.

Pour quelle raison avez-vous tenu à intégrer un CD musical dans le coffret ?

Hassim Tall Boukambou
: Je voulais valoriser le patrimoine artistique du Congo. Mais la musique est bien plus que cela. A chaque musique correspond tout un pan de l’histoire du pays. Ecoutez un vieux morceau des Bantou de la capitale et vous replongez directement 40 ans en arrière, surtout pour ceux et celles qui ont connu cette période. En ce sens, la musique permet de voyager. Elle permet également d’ancrer l’identité culturelle du pays.

Couleurs Congo est-il une initiative personnelle ?

Hassim Tall Boukambou :
Oui, comme toutes les productions que j’ai pu réaliser jusque-là et puis sur le Congo le travail a commencé depuis plus de 5 ans, avec les DVD sur Brazzaville, Pointe-Noire et les Fespam 2005, 2007 et 2009 (Festival Panafricain de Musique, organisé tous les 2 ans à Brazzaville, ndlr). Personnellement, ce projet revêt une autre dimension. C’est ma contribution aux 50 ans du pays. Mais en l’occurrence il s’agit d’une co-production avec le ministère de l’Industrie touristique et des loisirs. C’était une volonté de son Excellence Martial Mathieu Kani, le ministre, de s’associer à nous pour développer un outil de promotion nationale de qualité. Le ministère a donc contribué à la hauteur de ses moyens. Ce qui a participer à soutenir l’effort de production. Je regrette seulement qu’il n’y ait que le ministère du Tourisme qui ait, en amont, manifesté son intérêt pour un projet qui finalement concerne tout le monde. Maintenant que le produit est là il reçoit partout le meilleur accueil.

Le Congo a récemment fêté ses 50 ans d’indépendance. Et vous disiez tout à l’heure qu’il s’agit de la 1ière production du genre dans le pays. Comment expliquez-vous cet état de fait ?

Hassim Tall Boukambou :
De nombreuses personnes avaient déjà pensé à réaliser ce type de support, mais pour des raisons que j’ignore cela n’avait jamais été fait. Ce que je sais en revanche c’est que ça répondait à la fois à une envie de ma part et un besoin pour le pays.

A qui s’adresse finalement Couleurs Congo ?

Hassim Tall Boukambou :
Le coffret Couleurs Congo est à la fois un témoignage et un véritable outil de promotion riche et complet du Congo. Il s’adresse bien sûr au grand public, on le trouve à la Fnac (leader français de services et produits culturels, ndlr), qu’aux opérateurs économiques. Couleurs Congo est une carte de visite du pays. Plus qu’un outil de promotion, on peut même dire qu’il s’agit d’un outil de développement. Nous avons réalisé un 26 minutes pour le Salon du tourisme à Madrid, le mois dernier. Les professionnels du tourisme ont pu découvrir et apprécier tout le potentiel du pays et certains ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt et leur volonté de venir étudier les opportunités sur place, notamment en matière d’éco-tourisme. Peu de gens savent, par exemple, y compris parmi les Congolais, que le pays dispose de 15 parcs nationaux et aires protégées. Le développement des industries touristiques dans le pays ça veut dire quoi? Ça veut dire du transport, de l’hôtellerie, de la restauration, de l’artisanat, bref : de l’activité et de l’emploi, donc du développement. Le tourisme c’est aussi l’image d’un pays que l’on défend. Et c’est avec cette image qu’on attire également des investisseurs.

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