Le choléra menace l’Afrique de l’Ouest

L’Afrique de l’Ouest est menacée par une épidémie de choléra. Les pluies diluviennes qui ont frappé cette région du continent, notamment le Sénégal, ont contribué à la résurgence d’une maladie qui a toujours l’Afrique dans son collimateur. La Guinée-Bissau compte déjà, à elle seule, environ 16 000 cas, soit plus de cas que toute la région de Afrique de l’Ouest en 2004. L’Organisation Mondiale de la Santé tire encore une fois l’alarme.

Le Choléra menace l’Afrique de l’Ouest. Rien de nouveau en réalité car le continent enregistre le plus important nombre de cas, comparé aux autres régions du monde, mais cette année, la Guinée-Bissau compte déjà, à elle seule, près de 16 000 cas, soit 100 fois plus de cas qu’en 2004. Un chiffre largement supérieur aux 11 777 cas déclarés, cette même année, pour toute la totalité de la région de l’Afrique de l’Ouest. Le Sénégal n’est pas en reste avec ses 24 000 cas. Comme chaque année, un pays attire l’attention de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en termes d’épidémiologie sur le sol africain. « Il y a deux ans, c’était le Liberia qui avait enregistré 30 000 cas, cette année c’est le Sénégal et la Guinée-Bissau qui sont au centre de nos préoccupations, explique le Dr Claire-Lise Chaignat, coordinateur du groupe spécial de lutte contre le choléra. Nous sommes d’autant plus inquiets qu’en Guinée-Bissau, la maladie frappe 1% de la population dans un pays très pauvre. Nous constatons d’ailleurs que les campagnes sont les plus fragiles face au choléra ».

Le Sénégal renoue avec le choléra

Au Sénégal, le grand responsable de cette épidémie sans précédent – en 2004, le choléra n’avait touché que 1 277 personnes – sont les pluies diluviennes. « On nous a expliqué, poursuit la spécialiste, que Dakar n’avait pas connu des pluies de cette intensité depuis 30 ans. Une situation qui créé une résurgence du choléra dans un pays qui n’en avait plus été victime depuis près de sept ans. Ce qui fait qu’il n’a plus d’immunité partielle : le choléra est donc vraiment revenu au Sénégal ! C’est un véritable souci pour nous. D’autant plus que c’est un pays où l’on enregistre d’importants rassemblements de population, notamment lors des pèlerinages (religieux, ndlr) à Touba. Le pic épidémique avait d’ailleurs été atteint, en mars dernier, lors du grand Magal. »

L’OMS sonne donc l’alarme et fait appel aux donateurs alors que sur le terrain s’intensifient les actions de sensibilisation et de prévention pour contenir un mal qui dans l’absolu n’a plus de raison d’être. De fait, souligne Mme Chaignat, « on le connaît et on sait comment le soigner. La prévention doit, dans cette optique, constituer une arme de choix pour éviter des épidémies de cette ampleur. C’est pourquoi des fonds suffisants, d’où l’importance des dons, sont nécessaires. Autrement, nous courons après le feu ». Rappelons que le Choléra est provoqué par un bacille, le Vibrio cholerae, que l’on retrouve dans l’eau et les aliments souillés. La maladie provoque une diarrhée abondante qui peut rapidement conduire à une mort par déshydratation. La chloration est un moyen efficace de lutte contre la maladie. C’est à dire, mettre par exemple, une infime quantité d’eau de javel dans l’eau destinée à la consommation. Bien laver les fruits et les légumes, avant de les consommer, ou les mains après chaque selle est aussi un bon moyen de se protéger contre cette maladie très contagieuse.