Le Burundi s’achemine vers la paix

Le Burundi se donne les moyens de sortir de la guerre larvée qui ravage le pays depuis huit ans. Nelson Mandela, médiateur dans le conflit, est arrivé à convaincre les signataires des accords d’Arusha de former un gouvernement de transition.

Buyoya en stand by. Le président burundais a le sourire crispé à Lusaka quand il déclare  » Je suis content de cet accord « . Selon les accords d’Arusha, signés le 28 août 2 000, il devra quitter ses fonctions dans 18 mois. Pierre Buyoya a confirmé qu’il quittera alors le pouvoir comme prévu par l’accord. Nelson Mandela, médiateur dans le conflit, a réussi à faire accepter aux signataires d’Arusha le principe d’un gouvernement de transition pluri-ethnique. Ainsi Pierre Buyoya, Tutsi, sera secondé par Domitien Ndayizeye, secrétaire général de FRODU, principal parti hutu. Le partage du pouvoir entre Hutus et Tutsis aura pour conséquence de marginaliser les extrémistes des deux bords. Le gouvernement de transition devra être mis sur pied après le sommet régional dans la capitale tanzanienne, prévu le 23 juillet prochain.

Transition vers la paix

Cessez-le-feu.  » Pour les 18 mois suivants de la transition, le président, qui devra être un Hutu, et le vice-président, un Tutsi, restent à désigner entre les groupes politiques burundais parties au processus de paix « , a déclaré à l’AFP Zelda la Grange, porte-parole de Mandela. Pierre Buyoya, arrivé au pouvoir en juillet 1996 à la faveur d’un coup d’Etat soutenu par l’armée à majorité tutsie, ne conditionne plus la transition avec l’instauration d’un cessez-le-feu des rebelles hutus.

En marge du sommet de l’OUA, le président burundais a été convaincu par ses homologues et par Khaddafi de partager le pouvoir avec un groupe de partis hutus, le « G7 », dont Ndayizeye était le candidat pour la présidence de la transition.

Seule ombre au tableau, l’opposition armée hutu refuse de reconnaître ces accords. Depuis trois mois, elle a intensifié ses actions, attaquant même les quartiers périphériques de Bujumbura. Nelson Mandela ne désespère pas de les ramener à la table des négociations.