Le boom de la nouvelle économie prive l’Afrique de ses élites

Les pays riches retrouvent les chemins de la croissance et de l’emploi. La manne de jeunes diplômés africains leur est ouverte. Des dizaines de milliers de cerveaux attirés par des plans de carrières autrement plus attractifs que dans leurs pays d’origine, immigrent dans l’hémisphère Nord. Une perte sèche pour les nations africaines qui les ont formés.

La Net-économie vide l’Afrique de ses cerveaux. C’est en tout cas la conclusion du journal Libération dans sa  » Une  » d’aujourd’hui. Les institutions internationales sont unanimes pour tirer la sonnette d’alarme : 100 000 diplômés africains travaillent dans l’hémisphère Nord, soit le tiers des diplômés du continent. En dix ans le flux annuel des grosses têtes qui s’expatrient vers l’Occident, a augmenté de plus de 35%, passant de 15 000 à 21 000 personnes/an.

L’Afrique qui a un besoin vital de diplômés pour se développer, fait donc appel à quelques 100 000 expatriés qu’elle paie à prix d’or. Un chassé croisé dément qui n’est pas près de se tarir : les décideurs britanniques ont affirmé que la pénurie de main d’oeuvre dans le commerce électronique est de l’ordre de 80 000 personnes.

France recherche 75 000 diplômés

En France, le syndicat des sociétés électroniques (Syntec), cité par le quotidien français, a quant à lui estimé les carences, dans les domaines de l’informatique et des télécommunications confondus, à 75 000 personnes.

Un phénomène qui accentue le caractère inéquitable de l’économie mondiale : les rares pays qui investissent dans l’éducation de leurs jeunes générations, ne bénéficient pas des retombées de leurs efforts, mais permettent aux pays industrialisés de piocher dans une main d’oeuvre qualifiée à moindres coûts.