La vérité sur la libération de la famille Moulin-Fournier

François Hollande n’a cessé de réitérer qu’il n’y avait eu ni versement d’argent ni libération de détenus en échange de la libération de la famille Moulin-Fournier enlevée dans le nord du Cameroun par la secte Boko Haram. Une version que dément une camerounaise sous couvert d’anonymat, révélant dans Médiapart que c’est en réalité le président camerounais Paul Biya qui a mis un terme au calvaire des sept otages français en libérant des prisonniers comme l’exigeaient leurs ravisseurs.

Ni les autorités françaises, ni les autorités nigérianes n’ont levé le petit doigt pour libérer les sept membres, dont quatre enfants, de la famille Moulin-Fourmier enlevés la secte nigériane Boko Haram au Cameroun. C’est ce qu’affirme une camerounaise sous couvert d’anonymat qui s’est confié au journal en ligne Médiapart. C’est la main basse de Paul Biya qui serait à l’origine de la fin de leur captivité. Ce serait le président camerounais qui aurait libéré les prisonniers des griffes de Boko Haram. La secte islamiste avait menacé d’exécuter les otages si ses revendications n’étaient pas prises en compte.

Pourtant, François Hollande n’a cessé de se « jeter des fleurs » depuis la libération des otages, fustige-t-elle. « Je trouve ça malhonnête. Ce groupe qui détenait les otages n’a jamais réclamé de rançon. Il fallait juste que le président Biya accepte d’échanger les prisonniers de cette secte qui était détenue au Cameroun, dit-elle. Quand j’entends Hollande à la télévision dire que c’est la discrétion, l’efficacité, le non-paiement de la rançon qui ont fonctionné, j’ai envie de lui dire d’arrêter la récupération. Parce que ce n’est pas la France qui négociait, les prisonniers nigérians n’étaient pas arrêtés et détenus par la France mais plutôt par le Cameroun. »

Quoiqu’il en soit, l’heureux dénouement du sort de la famille Moulin-Fournier a été une aubaine pour le président français dont la côte de popularité ne cesse de s’effondrer. L’occasion pour lui de redresser la barre auprès des Français. Mais ne dit-on pas qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César ?