La Tunisie toujours troublée, 40 jours après le meurtre de Brahmi

Pour marquer le 40ème jour de la mort de l’opposant Mohamed Brahmi, ce samedi 7 juillet, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Tunis, réclamant la démission du gouvernement. Une manifestation qui a lieu six mois après l’assassinat de l’opposant de gauche, Chokri Belaid. Deux meurtres qui ont ébranlé le pays, qui s’en n’est pas encore remis.

L’assassinat de Mohamed Brahmi, c’est comme si c’était hier. Les Tunisiens n’ont pas oublié ce jour, le 25 juillet, il y a exactement 40 jours, où l’opposant de gauche s’est fait froidement tué devant chez lui, par des hommes en moto, alors qu’il descendait de sa voiture. Pour marquer le 40ème anniversaire de cet assassinat, l’opposition à appelé ce samedi à une nouvelle manifestation, à Tunis.

Cette dernière a été suivi par des milliers de personnes qui se sont rassemblées à Bab Saadoun aux portes de Tunis, avant de défiler jusqu’à la place du Bardo, théâtre de protestations quasi permanentes depuis la mort du député. La famille de Mohamed Brahmi et les proches de Chokri Belaid, l’emblématique opposant de gauche assassiné six mois après le meurtre du député, ont pris la tête de la marche, minutieusement encadrée par la police. «Le sang a coulé, plus de légitimité pour Ennahda», «Brahmi martyr, sur tes pas nous marcherons», «A bas les oppresseurs du peuple, à bas la bande des Frères (référence aux Frères musulmans d’Egypte) », ont scandé les protestataires.

Processus démocratique menacé

Les assassinats successifs de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi ont ébranlé le pays, engendrant de nombreuses manifestations de protestation dans les rues de la capitale tunisienne. L’opposition, elle, a pointé du doigt le laxisme du gouvernement de coalition dirigé par les islamistes Ennahda, vis-à-vis les groupes islamistes extrémistes, soupçonnés d’être à l’origine des deux meurtres.

Depuis la chute du Président Ben Ali renversé par la contestation populaire en janvier 2011, la Tunisie peine à retrouver ses marques. Toutefois, le chercheur Vincent Geisser spécialiste de la Tunisie, qui a accordé une interview à Afrik.com en juillet dernier, estime que même si la Tunisie vit dans une grande instabilité politique, il ne faut pas «oublier que c’est un des rares pays dans le monde arabe qui poursuit son expérience démocratique, en ayant organisé des élections et en ayant une Assemblée constituante ».

Alors pourquoi tant de troubles dans le pays ? D’après Vincent Geisser, « beaucoup de gens n’ont pas intérêt à ce que la Tunisie, qui est l’un des plus petit pays dans le monde arabe, poursuive cette expérience démocratique. Pour beaucoup c’est, troublant, c’est dérangeant. Il y a des forces ennemies qui n’ont pas intérêt à ce que la Tunisie poursuive son processus démocratique ».