La tension toujours vive dans le Sud du Nigeria

La tension reste vive dans la ville d’Onitsha, située dans le Sud du Nigeria peuplée en majeure partie de chrétiens et soumise au couvre-feu après les affrontements du mardi qui ont fait au moins 20 morts et plusieurs blessés, a déclaré un résident.

En guise de représailles contre les attaques perpétrées contre les chrétiens, des foules en colère s’en sont pris aux musulmans originaires du Nord qui se sont réfugiés au camp militaire situé dans l’Etat voisin du Delta.

Le gouvernement de l’Etat d’Anambra a imposé un couvre-feu allant de l’aube au crépuscule et mis en garde les fauteurs de troubles.

Un résident a confié à la PANA au cours d’un entretien
téléphonique, que les manifestants armés de massues et de
machettes ont envahi les rues dans la matinée, entonnant des chants de guerre malgré cet avertissement et le renforcement des forces de l’ordre dans les rues d’Onitsha.

Un journaliste qui s’est rendu mercredi matin dans la ville a déclaré avoir vu plusieurs corps sans vie dans les rues.
« La situation est très tendue et on note une forte présence des militaires et des policiers en dehors de la ville », a-t-il dit.

La violence à Onitsha est liée aux récents affrontements survenus dans les villes du Nord du Nigeria où de jeunes musulmans manifestaient contre les caricatures du Prophète Mohamed (PSL).

La semaine dernière, des douzaines de personnes ont été tuées et des églises et commerces incendiés au cours des affrontements survenus à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno.

Lundi dernier, de jeunes musulmans qui manifestaient contre une profanation présumée du Coran ont semé la pagaille à Bauchi, faisant 18 morts au nord de la ville et des affrontements auraient également eu lieu au nord des Etats de Gombe et Katsina.

Selon la principale association des chrétiens du Nigeria (CAN), les attaques perpétrées dans les villes du Nord ciblaient les minorités chrétiennes et leurs lieux de culte.

Des affrontements ethno-religieux sporadiques ont fait des
milliers de morts au Nigeria dans le passé, rappelle-t-on.