La Tchadienne Jacqueline Moudeina remporte le Livelihood Award

Le Livelihood Award 2011 ou prix Nobel alternatif a été décerné ce vendredi à Stockholm à la tchadienne Jacqueline Moudeina, 54 ans. L’avocate des victimes de l’ex-président Tchadien, Hissène Habré, se bat depuis plusieurs années pour qu’elles obtiennent justice.

Elle est la première personnalité tchadienne à remporter le Livelihood award. Le prix nobel alternatif 2011 a été décerné ce vendredi à Stockholm, la capitale suédoise, à l’avocate des victimes de l’ancien chef d’Etat Hissène Habré, Jacqueline Moudeina, 54 ans. « Je suis comblée. Cette distinction diffère du mépris, des frustrations, de l’adversité et de l’ingratitude », a déclaré la lauréate. Les organisateurs ont salué « ses efforts incessants, au risque de sa propre vie, dans la poursuite d’une justice pour les victimes de l’ancien régime, et dans la sensibilisation et l’encouragement du respect des droits de l’Homme en Afrique».

Dix ans de combat pour la justice

La quinquagénaire se bat depuis dix ans pour qu’Hissène Habré, qui réside au Sénégal, et ses complices soient jugés. Pour le moment, la justice sénégalaise doit se prononcer sur la demande d’extradition de l’ancien chef d’Etat vers la Belgique, alors que le Président Abdoulaye Wade avait décidé en juillet d’expulser l’ancien dirigeant au Tchad avant de se rétracter. « Nous avons des raisons de craindre un procès au Tchad. Pour nous, la solution la plus tangible, c’est celle de l’extradition d’Hissène Habré vers la Belgique. Pourquoi ? Parce que le magistrat instructeur belge a eu à travailler sur les plaintes déposées par les Tchadiens devant les juridictions belges en vertu de sa loi sur la compétence universelle… », avait réagi sur RFI Jacqueline Moudeina.

Présidente de l’ATPDH

Jacqueline Moudeina est aussi connu pour être une grande figure de de la société civile tchadienne. Elle préside l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme (ATPDH) à Ndjamena. ATPDH a aussi des sections régionales et locales, où elle prend en charge des victimes, dont les droits ont été bafoués. Le collectif, qui a vu le jour en 1992, agit pour la défense et la promotion des droits civils et politiques. Il est également très impliqué dans la recherche de solutions à la crise politico-militaire tchadienne et est notamment partie prenante du Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation nationale au Tchad (CSAPR).