La secte Hamadya interdite en Guinée-Bissau

Le président bissau-guinéen a donné 48 heures, lundi dernier, aux cinq dirigeants pakistanais de la secte musulmane Hamadya pour quitter le pays. Il leur reproche d’instaurer un climat d’instabilité. En désaccord avec son président, le Ministre des Affaires religieuses a présenté sa démission.

Les cinq dirigeants de la secte pakistanaise Hamadya doivent être acteuellement à bord d’un avion. Le président bissau-guinéen Kumba Yala a donné 48 heures aux dirigeants pakistanais pour quitter le pays. Cette expulsion vient après l’interdiction d’exercer imposée à la secte le 10 août dernier. Kumba Yala est remonté contre la secte musulmane Hamadya. Il reproche à ses adeptes d’instaurer un climat d’instabilité en Guinée-Bissau.

Pour montrer sa détermination, le président a déclaré devant une importante délégation de représentants d’associations musulmanes qu’il  » a demandé à la police de veiller à l’exécution immédiate de cette décision « . Ces expulsions ont été bien accueillies par le Conseil national islamique et le Conseil des imams, les deux plus importantes autorités religieuses.

Applaudissements et démission

Si paradoxalement les associations religieuses ont applaudi la décision présidentielle, ce n’est pas le cas du ministre de tutelle. Mécontent de cette mesure, le ministre des Affaires sociales et religieuses, Ibrahim Sory Djalo, a claqué la porte du gouvernement. Selon de nombreux observateurs, le ministre, par ailleurs président par intérim du parti de la rénovation sociale (PRS), au pouvoir , aurait démissionné car il accuse le président de s’entourer de conservateurs religieux. Dans son communiqué, Ibrahim Sory Djalo se contente de justifier sa décision par  » l’existence d’un malaise dans l’entourage du président Yala concernant la gestion des affaires religieuses « .

Devant le remous suscité par cette affaire, le président du Conseil des imams appelle à raison garder. Il explique à l’Afp que  » la laïcité n’est pas synonyme de désordre et que la religion aussi bien que le pouvoir ont besoin de stabilité « . Oraison funèbre pour la secte.