La sécheresse accentue l’exode rural au Somaliland

Quelques averses viennent de tomber dans le nord de la Somalie, mais elles n’ont pas suffi à mettre fin à l’exode vers les centres urbains des populations rurales touchées par la sécheresse au Somaliland, d’après des sources officielles locales.

« Nous savons que des centaines de milliers de personnes ont été déplacées vers les centres urbains », a dit Abdihakim Garaad Mohamoud, adjoint au ministre de la Réinstallation, de la réinsertion et de la réhabilitation du Somaliland.

« Toutes les villes du Somaliland accueillent un très grand nombre de personnes déplacées à cause de la sécheresse récente », a-t-il ajouté. « Soixante pour cent des habitants ont été touchés, qu’ils soient agriculteurs ou agriculteurs éleveurs. De l’ouest à l’est, du nord au sud, tout le Somaliland a subi la sécheresse ».

Dans les villes de la république autoproclamée, comme Burao, Berbera, Erigavo, Las’anod et Badhan, les abris temporaires se multiplient tandis que les populations rurales continuent à affluer.

« Le gouvernement a prévu de répondre au problème, mais nos moyens sont limités », a dit à IRIN M. Mohamoud, à Hargeisa. « Soixante pour cent des animaux sont morts. Un [homme] qui avait 200 moutons en a perdu 110-120, et un autre qui avait 20 chameaux en a perdu la moitié ».

Jama Abdillahi Warsame, gouverneur de la région de Togdheer, a indiqué que son gouvernement transportait de l’eau à 78 villages, avec l’aide d’organisations non gouvernementales (ONG) locales.

« Nous estimons que plus de 8 000 personnes ont quitté des zones rurales pour s’installer à Burao [la ville où se trouve le principal marché au bétail] », a-t-il dit à IRIN.

D’après lui, les districts les plus vulnérables sont Hod, Ina Afmadobe, War-Imran, Ilka-Cadays, Bali-Hiile, Suryo, Lebi-Guun, Adow Yurura, Isku Dhoon, Burou et Qoryale dans la région de Togdheer, ainsi que Qori Dheere et Ainabo dans la région de Sool.

Des pluies tardives

L’adjoint au ministre a indiqué que les pluies avaient commencé à tomber dans la plus grande partie du Somaliland, mais que la situation d’urgence n’était pas terminée. Les prix alimentaires, par exemple, sont toujours élevés.

« Quelques averses sont tombées, mais les animaux et les populations sont tellement faibles qu’ils ne seront peut-être pas capables de survivre à l’humidité », a-t-il ajouté. « Nous appelons la communauté internationale à aider les personnes touchées par la sécheresse ».

Dans la ville portuaire de Berbera, des commerçants ont indiqué que le prix du sucre avait augmenté d’environ 70 pour cent au cours des dernières semaines.

Mohamed Ahmed Imbir, qui tient un magasin d’alimentation à Berbera, a dit à IRIN : « Avant, nous vendions le sac de sucre à 28 dollars, maintenant nous le vendons à 34 dollars ». Il n’a pas su expliquer pourquoi les prix avaient augmenté.

Le 22 juin, le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS Net) avait averti que la sécheresse dans le centre de la Somalie s’était propagée vers le nord, touchant les principales zones d’élevage du plateau de Sool, la vallée de Nugaal, et les zones de subsistance de Hawd.

La situation représente une menace pour plus de 700 000 éleveurs et une partie importante de la population urbaine, dont les sources de revenus et d’alimentation dépendent fortement du marché du bétail.