La riposte de la Monuc en Iturie

Les Casques bleus tuent une cinquantaine de miliciens congolais. Cette opération militaire de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc) intervient en réaction à une embuscade de miliciens contre les troupes de l’Onu dans la province de l’Ituri en RDC, qui a entraîné, ce mardi, la mort de 9 soldats bangladais en mission. Après de tels « crimes contre l’Humanité », la Monuc entend bien continuer ces mesures « robustes » afin de neutraliser les groupes criminels et protéger la population civile, dans une région, où 50 000 personnes ont déjà trouvé la mort depuis 1999.

Entre 50 et 60 miliciens tués par des soldats pakistanais de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc). Une réplique rapide et fatale à une embuscade, tendue mardi 1er mars par des miliciens congolais, qui avait entraîné la mort de 9 soldats bangladais. Soutenue par le gouvernement de Kinshasa et par le Conseil de sécurité de l’Onu, la riposte militaire de la Monuc entend bien traquer et éliminer les auteurs de ces « crimes contre l’Humanité » et d’attaques contre les populations civiles. Le district d’Ituri, situé au Nord-est de la RDC, est déchiré par un conflit interethnique qui a déjà fait 50 000 morts depuis 1999, et jeté sur les routes de l’exode plus de 70 000 personnes cette année.

Le clash a débuté dans la matinée du 25 février 2005, lorsque 20 casques bleus et leur interprète, un employé civil congolais, sont tombés dans une embuscade à 5 kilomètres à l’ouest du village de Kafé, dans le district de l’Ituri. Face à la menace criminelle des milices qui opèrent en complète anarchie, entre 17 000 et 18 000 personnes ont abandonné leurs villages, poussées jusqu’au lac Albert. C’est là qu’une compagnie de Casques bleus du Bangladesh avait installé un camp pour assurer leur protection, entre le lac et le massif montagneux des monts Bleus, dans une zone particulièrement difficile d’accès, rappelle Le Potentiel. Et c’est aussi là que des miliciens congolais ont tués mardi 1er mars 9 soldats de maintien de la paix. D’après la Monuc, cette embuscade a été tendue par un des groupes armés « qui refusent de participer au processus de désarmement et de réinsertion communautaire, parrainée par la communauté internationale ». Les auteurs de l’embuscade n’ont, toutefois, pas été à ce jour clairement identifiés.

La « guerre de la paix »

L’action des miliciens qui a entraîné la mort de 9 soldats bangladais sous mandat onusien, a attiré l’attention de la communauté internationale, qui attendait la réaction de la Monuc au tournant, souvent critiquée pour son inertie, parfois même accusée de complicité ou de partialité, comme le précise Digital Congo. Un communiqué de presse de la Monuc vient préciser que le commandant de l’opération a immédiatement riposté à l’aide d’hélicoptères Mi-18, et que la Monuc compte prendre, à la suite de cette action préméditée, « des mesures militaires robustes », afin de neutraliser les groupes criminels et protéger la population civile. Bilan des journées de mardi et mercredi : de 50 à 60 miliciens tués, une riposte que la Monuc estime « proportionnée ». L’action militaire de ces deux derniers jours est soutenue sans réserve par le gouvernement de Kinshasa et par le Conseil de sécurité de l’Onu. Le représentant de l’Onu en RDC, William Lacy Swing, a déclaré à la presse que « la Monuc pourrait mener d’autres actions dans le secteur ».

Selon Reuters, le conflit interethnique qui sévit en Iturie entre des milices issues de deux ethnies, les Lendus et les Hemas, aurait déjà entraîné la mort de 90 000 personnes depuis 1999. Les combats poursuivis cette année ont chassé de leur terre environ 70 000 personnes. Les Nations Unies ont déployé près d’un tiers de leurs 16 000 soldats de maintien de la paix dans l’Ituri.