La RAM veut naviguer loin

Diminution des effectifs, augmentation des tarifs… les autres mesures du plan d’action de crise. La Royale Air Maroc entend sortir de la zone rouge en réduisant sa masse salariale. Ce plan vient d’être approuvé par le Conseil d’Administration de la compagnie.

La situation financière de la Royale Air Maroc est au rouge. La compagnie aérienne accuse le contrecoup de la crise provoquée par les attentats terroristes perpétrés contre les Etats-Unis.

La RAM table sur des pertes en termes de chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dirhams (DH) et sur un résultat négatif courant de 1,18 milliard de DH, et ce au titre de l’exercice 2001-2002. La compagnie, qui vient de tenir son Conseil d’Administration, a adopté un plan d’action de crise. Ce dernier s’aligne en partie sur les dispositions prises jusque-là par les autres compagnies aériennes. Les mesures contenues dans ce plan ont été annoncées par Mohamed Berrada, directeur général de la RAM lors de la rencontre organisée avec l’ONMT à Casablanca les 12 et 13 octobre sur la promotion du tourisme. Trois niveaux de mesures, qui seront mis en place de façon graduelle, ont été ainsi adoptés par le Conseil d’Administration.

Réduire les effectifs

La RAM, qui évite jusque-là de parler de licenciement, compte diminuer son effectif par la non-reconduction du personnel non statutaire. Elle prévoit également une augmentation modulée de ses tarifs. Parmi les mesures de premier niveau figure également la réduction de la masse salariale qui pèse lourdement sur les comptes de la compagnie. Près de 1,6 milliard de DH sont ainsi servis par la RAM pour un effectif global de 6.300 personnes. Ce qui représente 26% du chiffre d’affaires de la compagnie. Habituellement, les compagnies internationales dans un tel cas de figure demandent à leur personnel d’abandonner momentanément une partie de leur salaire. Vraisemblablement, et bien que les responsables de la RAM refusent de donner plus de précisions, le même scénario pourrait être appliqué.

Les secondes dispositions entérinées par le CA concernent le report du programme de livraison des avions et la réduction des effectifs. « Cette mesure se traduira par l’ouverture des possibilités de congés sans solde, de mise en disponibilité, de travail à mi-temps, de mise à la retraite anticipée et de départs volontaires », signale la compagnie. Pour sa part, le troisième niveau de mesures porte sur la réorganisation de l’établissement. Reste qu’en dépit de la morosité qui caractérise la conjoncture mondiale, les opérateurs restent confiants.

Doper le tourisme

En tout cas, ils sont décidés à relever le défi. Pour y faire face, la RAM et l’ONMT projettent de travailler en étroite collaboration pour promouvoir le produit Maroc. Et ce, pour atteindre les objectifs fixés, à savoir les 10 millions de touristes d’ici 2010.

La rencontre de Casablanca a été également l’occasion pour Fathallah Oualalou, ministre des Finances, de rappeler que « la destination Maroc reste prisée » et que « différents chantiers seront lancés pour promouvoir le secteur ». C’est le cas notamment pour la mise en place de nouvelles unités hôtelières. A cet effet, Oualalou a relevé que les études seront bientôt finalisées et les travaux démarreront dès janvier 2002. De même, l’argentier du Royaume a signalé que « c’est la Fondation Hassan II qui investira dans la rénovation des hôtels, et ce dans le cadre de la Loi de Finances 2002 ».

Khadija Masmoudi