La presse africaine commente la guerre

George W. Bush a déclenché son offensive contre l’Irak dans la nuit de mercredi à jeudi, aux alentours de 3 heures GMT, dans le but de renverser le régime de Saddam Hussein. Premières réactions dans la presse africaine. Tour d’horizon.

The Daily Mail and Guardian, quotidien sud-africain, relate les faits et présente les réactions officielles, dont celle du président Thabo Mbeki.

 » Le président Thabo Mbeki a exprimé son regret quant au déclenchement de la guerre en Irak, a rapporté Bheki Khumalo, le porte parole du président. Il aurait préféré que le problème soit réglé dans le cadre des Nations Unies. Il a précisé que cette guerre était un coup porté au multilatéralisme.  » Le porte-parole du Nouveau parti national (NNP), Boy Geldenhuys (…) a, quant à lui, annoncé que son parti savait depuis longtemps que les Etats-Unis mèneraient une attaque unilatérale.  » C’est très important pour l’Afrique du Sud qu’elle reste neutre. L’aide humanitaire doit être encouragée mais le pays doit à tout prix ne pas être perçu comme un pays qui soutient l’Irak « . Il a ajouté que le NNP souhaitait que la guerre soit aussi rapide que possible, même si cela semblait improbable, et que les civils ne soient pas pris pour cibles. Ronnie Mamoepa, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a, lui, déclaré au nom du gouvernement que  » la guerre n’était pas une solution aux problèmes du monde « . (…) Il a conclu en disant que son pays devait se tenir prêt pour aider à la reconstruction d’un Irak démocratique, une fois que le conflit aura pris fin. »

L’Economiste, premier quotidien économique marocain, se penche sur les conséquences directes de la guerre sur le tourisme.

 » La deuxième « tempête du désert » s’apprête à déferler sur le tourisme international et l’industrie des voyages de manière générale. Les effets de la première guerre du Golfe sont restés gravés dans les mémoires des hôteliers, transporteurs et autres agents de voyages marocains, qui avaient connu alors « la plus grave crise jamais enregistrée par le secteur ». Le taux d’occupation dans l’hôtellerie dépassait difficilement les 20% et Royal Air Maroc avait cloué les deux tiers de sa flotte au sol. Douze ans après, les professionnels estiment qu’il y aura de la casse mais pas dans la même proportion que le scénario du début des années 90. (…) Les dégâts ont commencé depuis trois mois avec la première vague d’annulations d’opérations de rendements. Dès le lendemain de l’ultimatum de George Bush à Saddam Hussein, des voyagistes casablancais ont reçu « une avalanche d’annulations ». »

Le Mauricien, quotidien indépendant d’information, fait part, entre autres, de la réaction du ministre des Affaires étrangères mauricien, Anil Gayan.

 » Le ministre des Affaires étrangères, Anil Gayan, (…) estime que l’invention militaire des USA en Irak constitue  » un recul du multilatéral « . Selon lui, cette intervention militaire résulte de la faillite de la diplomatie. Il a, par la même occasion, précisé que Maurice n’a pas été invitée à faire partie de la coalition contre l’Irak. (…) Le ministre a repris la position qu’il avait adoptée à l’Assemblée nationale, mardi dernier, à l’effet que Maurice regrettait que l’intervention militaire en Irak n’ait pas reçu au préalable l’aval du Conseil de sécurité.  » Ce qui s’est passé constitue un coup porté aux Nations Unies « , a déclaré Anil Gayan. Le ministre des Affaires étrangères a toutefois reconnu que la résolution 1441 était claire et avait insisté pour que l’Irak se débarrasse de ses armes de destruction massive et de coopère pleinement avec les inspecteurs de l’Onu, faute de quoi il y aurait des conséquences sérieuses. Il estime que Saddam Hussein est responsable de la situation pour n’avoir pas respecté les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. «