La police arrête les leaders de l’opposition au Zimbabwe

Le leader de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai et cinq de ses collègues ont été arrêtés dimanche après que la police anti-émeute. Lourdement armée, elle a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour bloquer une réunion de prières et de politique à Harare, la capitale, faisant monter la tension politique à moins d’une année de l’élection présidentielle.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai avait prévu d’organiser un rassemblement à Highfield, une banlieue pauvre de Harare, malgé l’interdiction d’organiser des manifestations et meetings imposée par la police pour des raisons sécuritaires.

Ce parti, le plus important de l’opposition nationale, juge l’interdiction de la police illégale et contraire à la Constitution, et a promis de l’ignorer et de poursuivre ses rassemblements à travers le pays pour engranger du soutien en vue de l’élection présidentielle.

L’interdiction de la police, initialement limitée à la capitale, puis imposée à plusieurs autres villes, fait suite à des affrontements violents entre la police et des partisans du MDC en février après que le parti a tenté d’organiser un meeting à Highfield.

Une grande inquiétude dans la ville

Dimanche, la police a bouclé le site prévu pour le rassemblement, empêchant les gens de se rendre à Highfield. Les habitants de la banlieue sont soit restés terrés chez eux, soit ont fui, de peur d’être pris entre deux feux comme le mois dernier. Des milliers de policiers anti-émeute ont patrouillé dans la zone, et les commerces ont été fermés.

Par ailleurs, la police a annoncé dimanche avoir découvert un mouvement clandestin hostile au gouvernement distribuant des « armes dangereuses » à ses membres pour attaquer les forces de sécurité.

Selon le porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena, des machettes figurent parmi ces armes et le mouvement avait prévu de les utiliser dimanche.

La tension politique monte au Zimbabwe, avivée par l’approche des élections et la dégradation de l’économie.