La plus grande mine du Tchad

Le site du Cefod fait très sérieux. Peut-être un peu trop. Interface sans fantaisie pour une densité d’informations exceptionnelle. Sans doute l’une des plus vastes mines de renseignements sur le pays. Ne pas se laisser impressionner : sous une page d’accueil un peu austère se cache l’oeuvre de véritables passionnés.

La page d’accueil du Centre d’étude pour la Formation et le développement au Tchad (Cefod) prend le risque d’assommer l’internaute sous le poids de ses données. Tout y est. La revue de presse hebdomadaire, une présentation exhaustive du Tchad, le résultat des élections législatives d’avril 2002, l’ensemble des textes sur la décentralisation au Tchad et même… le code pénal à télécharger au format .pdf. Ouf ! Malgré le bandeau orangé en haut de la page, les liens d’un bleu sobre sur fond gris frôlent un académisme propre à faire fuir le visiteur en quête d’émerveillement ou de chaleur africaine.

Et pourtant. Derrière cette mine d’informations se cachent de véritables passionnés. Créé à l’origine pour former une élite et parfaire le cursus des cadres tchadiens, le Cefod a beaucoup évolué depuis sa naissance, en 1966. Après la fin de la guerre, en 1984, le Centre, dont la bibliothèque a été épargnée, s’est donné pour mission de promouvoir la culture tchadienne. Disposant de moyens importants – un laboratoire de recherche, un amphithéâtre de 300 places, une régie audiovisuelle – le Cefod s’est finalement lancé sur le Web, pour faire profiter le monde entier de sa documentation exceptionnelle.

Débats audacieux

Prendre le temps de creuser un peu cette mine exceptionnelle au risque de tomber sur une pierre précieuse. Les articles des auteurs sont passionnants. Ils n’hésitent pas à aborder des sujets aussi délicats que les raisons de l’échec des moyens de contraception au Tchad ou les causes de l’insécurité à N’Djamena. Les Tchadiens sont-ils racistes ? Quelle est la place des femmes dans la société ? Que signifie la mondialisation vue de ce petit pays ? Les débats soulevés par le Cefod vont loin. Entre tradition et modernité, le Centre met en question l’identité du Tchad. Sans renier le passé… Parce que, bien entendu, il y a aussi tout un pan du site consacré à la promotion de l’arabe tchadien… Tout ! On vous l’a dit : tout y est ! Il n’y a plus qu’à cliquer.

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