La métisse Luxembourgeoise

Née au Rwanda d’un père européen et d’une mère rwandaise, Jeannine, six ans, quitte l’Afrique pour l’Europe. Elle rejoint sa famille paternelle au Luxembourg. Malgré la tendresse et l’amour, elle n’oubliera jamais sa mère et ses origines. Le visage oublié, roman tout en nuance. Ni noir, ni blanc.

Le roman de Jeannine Herrmann-Grisius, Le Visage oublié, aurait pu s’intituler tout simplement  » Métisse « . Il résume, dans un style fort, direct et émouvant, la vie de tous ces enfants issus d’un mariage afro-occidental qui, très tôt, ont été envoyés en Europe pour recevoir  » une bonne éducation « . Celle des Blancs et de la civilisation occidentale.

Trop clairs pour être assimilés à des Africains, pas suffisamment blancs pour être considérés comme Européens, ces enfants sont en permanence soumis par la société à un choix. Ils sont appelés, malgré eux, à trancher entre l’Afrique et l’Europe, à se décider pour le père ou pour la mère. Un choix que refuse Jeannine, cette enfant née d’une belle histoire d’amour entre un colon luxembourgeois et Zaïna, la fille d’un chef indigène tutsi.  » Je suis moi. Je ne peux rien dire de plus. Je ne sais pas comment c’est d’être entièrement noir ou blanc « .

Une formidable leçon de vie

Arrachée à sa mère et à l’Afrique par son père, Jeannine, qui est une enfant à l’imagination débordante, débarque à six ans dans une Europe, qui n’a pas fini de penser les plaies de la seconde Guerre mondiale.  » Un enfant de l’Occupation, aurait-on soupçonné. Un enfant de l’après-guerre : l’âge et la couleur concordent « . La couleur, celle de sa peau, à l’évidence bien plus pâle que celles des autres enfants de la petite école de Vichten (Luxembourg), sera à l’origine de bien des déboires. Elle sera aussi sa force face à l’adversité, l’isolement et la bêtise.

Métisse dans une société encline à une stratification des personnes selon la couleur de leur peau, Jeannine passe outre les idées reçues et fait de sa différence un atout.  » Si les Africains étaient attaqués uniquement à cause de leur couleur, je devenais noire. Si mon père était critiqué parce qu’il était blanc, j’étais sa fille blanche.  »

OEuvre autobiographique, Le visage oublié est une formidable leçon de vie. Au fil des pages, Jeannine Herrmann-Grisius, nous invite à assumer pleinement toutes les facettes de notre personnalité. Blancs, noirs ou métis, l’important est ailleurs. Rien ne peut remplacer la tendresse d’une mère, la complicité d’un frère ou d’une soeur, l’amour paternel. L’appel du coeur est la seule chose qui vaille.

Pour commander le livre : Le visage oublié, Jeannine Herrmann-Grisius