La marche de « Non aux censures de Comores Télécom » interdite

La marche prévue ce lundi 26 août par « Non aux censures de Comores Télécom » n’aura pas lieu. Une lettre du préfet du centre l’a tout simplement interdit. Les organisateurs, tout comme le peuple, crient à une manipulation orchestrée par les dirigeants comoriens.

C’est ce lundi que le collectif « Non aux censures de Comores Télécom » avait donné rendez-vous au peuple comorien pour manifester contre la privation de appels dits VoIp, tels que Skype et Viber. Ce rassemblement pris à cœur par la population comorienne, notamment les jeunes, n’aura finalement pas lieu. La cause ? Le préfet du centre par une lettre N° 13 – 172/ PC datant du samedi 24 août 2013, interdit la tenue de la marche.

Une censure peut en cacher une autre

Les préparatifs et derniers réglages en vue de la grande manifestation contre la société comorienne de télécommunication, qui a privé sa population d’appels gratuits sur internet, laissaient présager une mobilisation sans précédent. Mais une réunion entre la ministre en charge des télécommunication, Bahiat Massoundi, avec une délégation de la Coordination contre les censures (les TICs pour tous), a abouti à une décision inattendue. « Craignant des débordements en cette période plus ou moins trouble politiquement, la ministre a demandé que la manifestation prévue pour ce lundi 26 août soit ajournée », lit-on dans un communiqué publié à la suite de l’assise. En outre, la préfecture de Moroni a rendu public une lettre notifiant l’interdiction de la marche qui avait comme point de départ la place Ajao et devait s’achever au siège de Comores Télécom situé à Volo-volo. Une telle marche paralyserait une des routes principales de la capitale, selon la préfecture. De ce fait, elle a demandé à la coordination de tenir un rassemblement « immobile » soit sur la place Ajao, ou sur la place de l’indépendance.

« Le combat continue… »

Le collectif « Non aux censures de Comores Télécom » dénonce une politique de censure, qui a pour objectif de démobiliser les citoyens comoriens dans leur lutte pour le droit à l’information et à la liberté de parole.
Le collectif a tout de même maintenu le rassemblement à la place de l’indépendance, et avait prévu de se diriger vers le palais de justice de Moroni, à moins de 100 mètres du lieu de la mobilisation. Le but étant d’afficher une « class action » (recours de groupe), pour obtenir gain de cause.
Mais les centaines de manifestants qui ont fait le déplacement ont eu droit à la visite de la gendarmerie nationale, qui a mis fin au rassemblement. En réponse, le collectif « Non aux Censures de Comores Télécom » a annoncé que cette décision de la ministre des Télécommunication, appuyée par le Préfet du centre, n’arrêtera pas sa volonté de rétablir les normes sociales qui manquent à la population comorienne, dont ses droits à une consommation juste et sans « censure ».