La LSDH exige la libération immédiate du journaliste Pape Alé Niang

Le journaliste Pape Alé Niang en prison
Pape Alé Niang, journaliste

La ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) condamne vigoureusement le mandat de dépôt à l’encontre de Pape Alé Niang. La justice poursuit le journaliste d’investigation pour, entre autres, « menaces pour l’ordre public ».

« Nous tenons à rappeler que le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain », a indiqué Alassane Seck, président de la LSDH. Il évoque le préambule de la charte des devoirs et des droits des journalistes, encore appelée « Charte de Munich ». Cette charte, dit-il, stipule que « la responsabilité des journalistes vis-à-vis du public, prime sur toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics ».

Le président de la LSDH a rappelé que « ce sont des journalistes d’investigation qui ont révélé bien des cas de torture, de discrimination, de corruption ou d’abus de pouvoir dans beaucoup de pays ». Soulignant que la liberté des médias contribue, dans une large mesure, à la protection de tous les autres droits de l’Homme, la LSDH exige la libération du patron du site Dakar Matin. « Tenant compte de tout cela, la Ligue sénégalaise des droits humains exige sa libération inconditionnelle ».

Pape Alé Niang passe sa première nuit en prison

Pape Alé Niang, après un retour de parquet, a fini à la case prison. Il a passé sa première nuit à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, à Dakar. Le journaliste a été arrêté dimanche par les éléments de la Sureté urbaine. Le maître des poursuites lui reproche « des attaques répétées, non fondées et inacceptables dirigées contre les forces de défense et de sécurité ». Lesquelles attaques « portent manifestement atteinte à l’autorité de ces institutions républicaines, visent des officiers généraux ».

Pour le procureur, le patron de Dakar Matin a fait ces sorties « dans le but évident de les délégitimer et de fragiliser la cohésion et la discipline collective indispensables au bon fonctionnement et à l’efficacité de ces corps habillés de l’Etat ». Des attaques et « la diffusion de fausses nouvelles et la divulgation de secrets défense », qui, selon lui, constituent « des menaces pour l’ordre public et sont susceptibles de caractériser des atteintes à la défense nationale ». Suffisant pour envoyer le journaliste en prison. En dépit des grosses promesses du Président Macky Sall ?