La Libye ferme ses frontières

La Jamahiriya libyenne entend instaurer un système de visas pour tout étranger souhaitant se rendre dans son royaume, arabes compris. La mesure a été annoncée, mercredi, par le ministre de l’Intérieur Salah Radjab. la Libye veut contenir le flux de l’immigration clandestine.

Visas obligatoires pour tous. L’annonce tonitruante de la Libye en a surpris plus d’un parmi les officiels des pays voisins. Le ministre de l’Intérieur Salah Radjab l’a annoncé mercredi en marge de la réunion des ministres arabes de l’Intérieur : « Cette procédure qui entrera en vigueur prochainement afin de lutter contre l’immigration clandestine, s’appliquera à tous les étrangers, y compris les Arabes.»

Pas de traitement de faveur, donc, pour les voisins du Maghreb qui n’échappent pas à cette nouvelle mesure anti-immigration. Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie, tous sont soumis au même régime

Une riposte à l’immigration clandestine de masse

Toutefois, M.Radjah précise avoir respecté le cadre institutionnel de l’Union du Maghreb uni (UMA). « Cette procédure ne contredit pas les dispositions prévues dans le cadre de l’UMA » rassure-t-il. Ce qui a de quoi laissé sceptique. L’instauration du visa n’est-elle pas en contradiction avec le concept de l’union et son principe fondamental de la libre circulation des personnes.

Selon des statistiques non officielles, plus de 2 millions de personnes de différentes nationalités africaines, résidant en Libye de manière irrégulière, attendent l’opportunité pour passer de l’autre côté de la Méditerranée. Terre de transit vers l’Europe, via l’Italie, la Libye entend bien contenir ce flux tendu d’immigration clandestine. Pour le moment, aucune réaction officielle n’émane des pays concernés. On peut d’ores et déjà supposer que l’Algérie appliquera la réciprocité diplomatique si la Libye maintient sa décision.

Même si aucune date n’est avancée, les autorités libyennes ne comptent visiblement pas faire dans la demi-mesure. En invitant – c’est un euphémisme- cette semaine tout étranger ne disposant pas d’un contrat de travail en règle à quitter le pays en février, la Libye semble plus que jamais déterminée à lutter contre l’immigration.