La lèpre sévit toujours en RDC

La république démocratique du Congo est le pays le plus touché par la lèpre en Afrique. Près de 20% des cas enregistrés sur le continent se trouveraient en RDC. 5000 nouveaux cas sont dépistés chaque année.

Contrairement aux idées reçues la lèpre n’a toujours pas disparue. C’est particulièrement vrai pour la République démocratique du Congo (RDC) qui est le pays le plus touché par la maladie sur le continent. « La lèpre cause des infirmités, des plaies, des amputations et des déformations », a rappelé samedi le Dr. Norbert Mputu, directeur du Programme national de lutte contre la lèpre, dans le cadre d’une journée d’information organisée en l’occasion de la 59ème journée mondiale de la lèpre, rapporte Radio Okapi. Selon lui, 20% des cas de lèpres enregistrés en Afrique se trouvent en RDC et près de 5000 cas sont enregistrés chaque année dans le pays.

« La lèpre reste un problème dans notre pays »

Le Dr Norbert Mputu estime que la maladie a été maitrisée sur le plan national mais qu’au niveau des régions elle sévit toujours. « La lèpre reste un problème dans notre pays puisque nous avons pratiquement quatre provinces qui n’ont pas encore atteint le seuil d’élimination de la lèpre. Et dans les provinces, nous avons des districts hautement endémiques, comme le Tanganyika dans le Katanga », a-t-il affirmé. Il a lancé un appel à la population pour « dépister précocement les malades », dès les premiers signes. « Quand un malade se présente avec une tache, on va le prendre en charge. Et dans les mois qui suivent, les tâches vont disparaître et il sera guérit. Et, c’est gratuit. Si le malade se cache, quand il va se présenter, ce sera trop tard. Il va se présenter avec des infirmités », a indiqué le Dr. Norbert Mputu.

Un remède trouvé il y a 20 ans

Hormis l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine ne sont pas non plus épargnées par la maladie. De nombreux spécialistes tentent de comprendre pourquoi la lèpre existe toujours sur certains continents alors qu’elle a disparu en Europe. Pourtant un remède a été trouvé il y a 20 ans. Selon la société civile congolaise, certains spécialistes estiment que c’est la honte qu’inspire jusqu’à nos jours la lèpre qui empêche les malades de se faire dépister.

L’organisation mondiale de la santé (OMS) tente depuis plusieurs années d’endiguer la maladie dans les pays où elle sévit toujours. Elle s’était fixée un objectif ambitieux en 1991, éliminer la lèpre du monde en l’an 2000. Un programme qui a porté ses fruits puisque le nombre de pays où la lèpre est toujours considérée comme un problème prioritaire de santé publique est tombé de 122 à 22, et même à 9, a annoncé l’organisation en 2006, qui exclut les petits pays comptant au total moins de 1.000 malades.