La lèpre part en lambeaux

Depuis 1996, le Togo a réussi à juguler la lèpre. Une victoire sur une maladie qui n’est pourtant pas près de disparaître entièrement.

Le Togo mène une lutte efficace contre la lèpre, qui s’est soldée, depuis ces cinq dernières années, par un ralentissement de la prévalence, c’est-à-dire du nombre de personnes contaminées. Le Togo, comme ses voisins du Bénin et de la Côte d’Ivoire, est dans la phase d’élimination de la lèpre, dont le seuil, fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est de moins d’un cas pour 10 000 habitants.

 » La prévalence au Togo est de 0,76 cas pour 10 000 habitants. Depuis 5 ans, nous notons une stabilisation du nombre de nouveaux cas : environ 300 par an. A l’heure actuelle, nous veillons à ce que ce chiffre baisse. Nous sommes sur la bonne voie « , indique Napo Tignopka, médecin, coordinateur national du programme de lutte contre la lèpre

Ce recul de la maladie a été constaté depuis l’introduction de la polichimiothérapie (PCT) au Togo en 1981. Un médicament qui soulage, en un délai compris entre 6 mois et un an, les différentes formes de manifestation du bacille de Hansen, responsable de la lèpre.

Le lépreux, un malade comme les autres

L’utilisation de la PCT dans le pays a été accompagnée d’une campagne de sensibilisation qui a permis une meilleure acceptation du lépreux dans la société. Les léproseries de Koloware (centre) et d’Akata (sud) demeurent néanmoins, pour certains, le seul endroit où ils ont des relations sociales. Ce n’est plus le cas dans leur village d’origine qu’ils ont le plus souvent dû quitter à cause de cette maladie.

Au-delà de l’aspect médical, des actions sont menées afin de permettre l’intégration du lépreux dans le tissu social, après sa guérison. Des prothèses sont posées aux mutilés. Les malades apprennent à exercer un métier.  » On leur apprend à tisser et, de retour dans leur village, ils pourront subvenir à leurs propres besoins « , affirme Napo Tignopka.

On ne parle pas d’éradication mais d’élimination de la lèpre puisque l’agent pathogène ne disparaît pas des zones endémiques. La lèpre reste donc, par excellence, le mal des contrées les plus démunies où l’insalubrité et les déplacements de population sont monnaie courante.