La hausse du pétrole dope l’économie algérienne

Avec un dollar fort et la hausse des prix du baril de brut, l’économie algérienne connaît une embellie. Le gouvernement devra la mettre au diapason d’une situation sociale dramatique.

21 milliards de dollars de recettes. C’est le nouveau record que sont en train de battre les exportations d’hydrocarbures algériens, dans l’hypothèse d’un prix moyen du baril à 26 dollars US.

Le montant comprend les ventes de gaz naturel dont les prix sont indexés sur le brut. Cette manne s’accompagne d’un assainissement de la politique monétaire. Elle devrait déboucher sur un excédent budgétaire d’environ 200 milliards de dinars (2, 6 milliards de dollars US). Autre effet heureux : l’augmentation du billet vert sur lequel les Algériens ont calé leur monnaie à hauteur de 81 dinars pour un dollar, par rapport au yen et aux devises européennes. Elle permet d’augmenter le pouvoir d’achat du pays chez les fournisseurs européens, notamment en France où le taux d’inflation est presque nul. Ce que les analystes algériens traduisent par davantage d’équipements issus de l’Union européenne.

Le poids de la dette

Mais toute bonne nouvelle a un revers. D’abord, le pays devra affecter une partie non-négligeable de cet excédent au remboursement d’une dette qui avoisine les 2800 milliards de dinars (37, 2 milliards de dollars US). Le pays connaît une crise sociale des pires de son Histoire, avec 20% de chômage et 1/3 de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. C’est dire si la question de savoir  » comment le nouvel et salvateur apport financier va être géré « , dixit le quotidien El Watan, risque d’être périlleuse pour le nouveau Premier ministre Ali Benflis.

L’ancien chef de l’exécutif, M Benbitour, qui avait fixé sa loi sur les finances complémentaires sur un baril à 19 dollars, avait laissé entendre qu’outre le remboursement de la dette, le budget de fonctionnement de l’Etat absorberait une bonne partie des excédents.

M Benflis, plus favorable aux privatisations que son prédécesseur, n’est pas sans savoir qu’une telle perspective dénuée de pendant salarial ulcèrerait les partenaires sociaux, au premier rang desquels, le puissant syndicat national, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

L’UGTA, dont les dirigeants ont rencontré le nouveau chef du gouvernement, hier, pour un réunion informelle, a clairement fait savoir qu’il fallait en finir avec la rigueur salariale alors que l’économie nationale voit le bout du tunnel.